‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 112 sur 334 · Prud'homme a le sens de homme preus el sage · texte numérisé non relu

Prud'homme a le sens de homme preus el sage

118 CIIANSONS DE GESTE

Point ne se veulent l'un l’autre abandonner, En la grand presse frappent sur les païens.

Mil Sarrassins y descendent à pied,

Et à cheval sont quarante milliers ;

Mon escient, n'osent les approcher,

Mais ils leurs lancent et lances et épiés, Vigres et dards, muserats aiguisés !.

Aus premiers coups ils ont occis Gautier, Et à Turpin tout son écu percé,

Cassé son heaume, en tête l'ont blessé,

Et son haubert rompu et démaillé,

Lui ont le corps blessé de quatre épiés,

Et dessous lui ont tué son destrier.

Or est grand deuil quand l'archevêque tombe.

Que Dieu les aide, le glorieus du ciel!

CLXXXIIT

Turpin de Reims, quand se sent abattu,

De quatre épiés parmi le corps blessé, Rapidement s’est le baron dressé ;

Roland regarde ?, puis vers lui est couru,

Et dit un mot: « Je ne suis pas vaincu !

Jamais vassal ne se rendra vivant. »

Il tire Aumace, l’épéë d'acier brun,

En la grand presse mil coups y frappe et plus.

1. Vigres et muserats, mots d'origine incertaine, désignent sans doute des espèces de javelots.

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