‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 135 sur 334 · Suppléez qui au commencement de ce vers · texte numérisé non relu

Suppléez qui au commencement de ce vers

Païens arabes des nefs se sont sortis :

Puis sont montés sur chevaus et sur muls, Et chevauchèrent, que feraient-ils de plus ?

Or l'amiral, qui en route les mit,

En appela Gémalfin, son ami:

« Je te commande, toute ma gent conduis ! »

Puis est monté sur un sien destrier brun, Et avec lui emmène quatre ducs.

Tant chevaucha qu'en Saragosse fut,

Près d’un perron de marbre est descendu, Et quatre comtes l’étrier lui ont tenu.

Par les degrés monte en haut du palais,

Et Bramimonde vient courant devant lui

Et lui a dit : « Que malheureuse suis!

Si tristement mon seigneur j'ai perdu ! »

Lui tombe aus pieds, l'amiral la reçut, Puis sont montés dans la chambre de deuil.

Le roi Marsile, dès qu'il voit Baligant, Lors appela deus païens Espagnols :

« Prenez mes bras, me dressez en séant ! »

En sa main gauche a pris un de ses gants, Puis il a dit : « Sire roi amiral,

Ma terre toute ici quitte vous rens,

Et Saragosse et le fief qu’en dépent.

Je suis perdu et j'ai perdu ma gent. »

Et il répont : « Combien j'en suis dolent !

Avec vous point ne puis rester longtemps, Car je sais trop que Charles ne m'attent.

Et cependant, de vous je prens le gant. »

Du deuil qu'il a s’en est tourné pleurant.

Par les degrés, du palais il descent,

Monte à cheval, pique et vient à sa gent.

Tant chevaucha qu'arrive au premier rang; D'heures à autres 1lse va écriant ! :

« Venez, païens, car s’enfuiënt les Francs. »

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