‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 147 sur 334 · Descendent des montures de voyage · texte numérisé non relu

Descendent des montures de voyage

D D à Le N

Vêt une brogne dont les pans sont dorés, Lace son heaume, qui à or est gemmé ; Puis, ceint l'épée au senestre côté !.

Dans son orgueil lui ? a un nom trouvé :

Ayant oui de Joyeuse * parler,

La sienne fit Précieuse appeler ;

C'était son cri sur le champ de bataille, I] le faisait par ses hommes crier.

Pent à son cou un sien grand large écu :

D'or est la boucle, est de cristal bordé, La guige ‘en est d'un beau satin à fleurs.

Tient son épié, qu'il appèle Malté ;

En était gros le bois comme un tinelÿ, Du fer tout seul serait un mul chargé f.

Sur son destrier Baligant est monté, L’étrier lui tint Marcule d'outre-mer.

Son enfourchure a grande le baron, Grèles les flancs et larges les côtés, Grosse poitrine, bellement est moulée, Larges épaules et le regard a clair,

Fier le visage et les cheveus bouclés;

Il était blanc comme fleur en été.

Fut son courage bien souvent éprouvé ; Dicu! quel vassal, s’il était chrétien!

Son cheval pique, le sang en sort tout clair,

Senestre — gauche.

Lui, c'est-à-dire à son épée.

De l'épée de Charlemagne.

La guige est l’attache du bouclier.

Ün tinel est une massue de bois.

C'est-à-dire : « le fer seul suffirait à charger un mulet.

Fait son élan!, et saute un grand fossé, Cinquante pieds y peut-on mesurer ?.

Païens s'écrient: « L'Espagne il doit sauver. N'y a Français, si à lui vient jouter,

Le veuille ou non, qui n’y perde la vie.

Charles est fou, que ne s’en est allé. »

L'émir païen bien ressemble baron ; Blanche a la barbe tout autant comme fleur, Et dans sa loi moult sage homme il était ; Dans la bataille est fier et orgueilleus.

Son fils Malprime moult est chevalereus, Grand est, et fort, de ses ancêtres tient.

Dit à son père : « Sire, avant chevauchons !

Je me demande si nous verrons Charlon . »

Dit Baligant : « Oui, car moult il est preus, En plusieurs gestes on en parle à honneur”; Mais il n a plus Roland son bon neveu :

N'’aura la force de tenir contre nous. »

« Beau fils Malprime, lui a dit Baligant, Hier fut occis le bon vassal Roland,

. Son galop d'essai.

. C'est-à-dire : « le fossé a cinquante pieds de largeur. »

. C'est-à-dire : « dans sa religion. »

. Charlon, voy. p. 1, note f.

. Entendez : « on parle de lui avec honneur dans plusieurs toires. » |

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Et Olivier le preus et le vaillant,

Les douze pairs, que Charles aimait tant,

De ceus de France vingt mille combattants.

Pour tous les autres, je ne les prise un gant *. L'empereur Charles vers nous revient vraiment : Mon messager Syrien m'a conté

Que dis échelles ? il a formé moult grandes.

Celui est preus qui sonne l'olifant,

De la trompette répont son compagnon,

Et ils chevauchent au premier rang, devant.

Sont avec eus quinze milliers de Francs,

De bacheliers que Charle appèle enfants ; Après ceus-là en est encore autant.

[ts frapperont moult orgueilleusement. »

Ce dit Malprime : « J'en demande le coup #. »

« Beau fils Malprime, Baligant lui a dit,

Je vous octroie ce que m'avez requis.

Contre Français bientôt irez férir ;

Y mènerez Torleu, le roi persan,

Et Dapamort, des Wilzes autre roi.

Leur grand orgueil * si vous pouvez mater,

1. Entendez : « les autres n'ont pas pour moi la valeur d'un gant, je n'en fais aucun cas. »

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