‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 154 sur 334 · Sur safré, voyez laisse LXXX VII · texte numérisé non relu

Sur safré, voyez laisse LXXX VII

5. La menée est une sonnerie particulière des trompettes ef des cors. « Sonner la menée », c'est donner le signal de l'attaque.

« Voyez l'orgueil de France la louée !

Moult fivrement chevauche le roi Charles ; Il est derrière, avec ces gens barbus; Dessus leurs brognes leurs barbes ont jetées, Sont aussi blanches que neige sur gelée.

Is frapperont de lances et d'épées,

Bataille aurons et forte et acharnée :

Nul ne verra jamais telle mélée. »

Plus‘ qu'on ne lance une verge pelée, Baligant a ses troupes dépassées ;

Cette parole il leur a adressée :

« Venez, païens, je vous montre la route ! »

De son épié le bois il a brandi,

Vers l'empereur la pointe en a tourné.

Charles le Magne, quand il vit l'amiral,

Et le Dragon, l'enseigne et l'étendard

(De ces Arabes si grand force y avait,

Que la contrée ils ont toute occupée,

Sauf le terrain que l'empereur en a),

Le roi de France s’est écrié moult haut :

« Barons Français, vous êtes bons vassaus, Tant de batailles avez déjà livré!

Voyez païens, félons sont et couards, Toute leur loi? un denier ne leur vaut.

C'est-à-dire : « plus loin que... »

C'est-à-dire : « toute leur religion. »

S'ils ont grand gent‘, qu'importe-t-il, seigneurs ? Qui marcher veut, tôt avec moi s'en vienne!

Ne laisserai que je ne les assaille. »

Des éperons il pique son cheval,

Et Tencendeur lui a fait quatre sauts.

Disent Français : « Ce roi est bon vassal.

Chevauchez, sire, nul ne vous faillira. »

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