‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 175 sur 334 · C'est-à-dire : « jusqu'à l'issue du combat judiciaire · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : « jusqu'à l'issue du combat judiciaire

2. C'est-à-dire : « les autres reconnaissent que la citation, l’assignation, est régulière, que les formalités ont été remplies pour le duél judiciaire. »

Puis sont montés sur leurs courants destriers. Alors pleurèrent cent mille chevaliers,

Qui, pour Roland, de Thierry ont pitié.

Dieu sait assez comment la fin sera.

Au-dessous d’Aix est la plaine moult large.

Des deus barons la bataille s'engage ;

Jls sont vaillants et de très grand courage,

Et leurs chevaus sont courants et rapides :

Les piquent bien, toutes les rênes lächent.

À grande force s’en vont férir l’un l'autre,

Leurs deus écus ils y brisent et cassent,

Leurs hauberts rompent et leurs sangles éclatent; Les selles tournent, ils tombent sur la place.

Et cent mille hommes pleurent, qui les regardent.

CCCXIH

À terre sont tous deus les chevaliers,

Mais promptement se dressent sur leurs pieds. Pinabel est fort, rapide et léger.

[un presse l’autre, plus ils n'ont de destriers;

De leurs épées, à la garde d’or pur,

lrappent et taillent sur les heaumes d'acier, Grands sont les coups pour les heaumes trancher. Moult se lamentent les Français chevaliers.

« Eh ! Dieu, dit Charles, le bon droit nous montrez!»

Dit Pinabel : « Thierry, à moi rens-toi !

Serai ton homme par amour et par foi,

À ton plaisir te donnerai de l'or :

Mais Ganelon accorde avec le roi. »

Répont Thierry : « Point n’en tiendrai conseil! ; Maudit je sois si j'accepte ce don!

Que Dieu déclare entre nous deus le droit! »

Ce dit Thierry : « Pinabel, moult es preus, Et grand et fort, et ton corps bien moulé, Pour ton courage te connaissent tes pairs :

Cette bataille si veus abandonner,

Avec le roi te ferai accorder ;

Mais on fera du traître tel justice,

Ne sera jour où il n’en soit parlé?, »

Dit Pinabel : « Ne plaise à Dame-Dieu ÿ! Soutenir veus toute ma parenté.

Ne céderai pour nul homme mortel ; Mieus veus mourir que d’en avoir reproche. »

De leurs épées commencent à frapper Dessus les heaumes qui sont à or gemmés,

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