C'est-à-dire : « jusqu'à l'issue du combat judiciaire
2. C'est-à-dire : « les autres reconnaissent que la citation, l’assignation, est régulière, que les formalités ont été remplies pour le duél judiciaire. »
Puis sont montés sur leurs courants destriers. Alors pleurèrent cent mille chevaliers,
Qui, pour Roland, de Thierry ont pitié.
Dieu sait assez comment la fin sera.
Au-dessous d’Aix est la plaine moult large.
Des deus barons la bataille s'engage ;
Jls sont vaillants et de très grand courage,
Et leurs chevaus sont courants et rapides :
Les piquent bien, toutes les rênes lächent.
À grande force s’en vont férir l’un l'autre,
Leurs deus écus ils y brisent et cassent,
Leurs hauberts rompent et leurs sangles éclatent; Les selles tournent, ils tombent sur la place.
Et cent mille hommes pleurent, qui les regardent.
CCCXIH
À terre sont tous deus les chevaliers,
Mais promptement se dressent sur leurs pieds. Pinabel est fort, rapide et léger.
[un presse l’autre, plus ils n'ont de destriers;
De leurs épées, à la garde d’or pur,
lrappent et taillent sur les heaumes d'acier, Grands sont les coups pour les heaumes trancher. Moult se lamentent les Français chevaliers.
« Eh ! Dieu, dit Charles, le bon droit nous montrez!»
Dit Pinabel : « Thierry, à moi rens-toi !
Serai ton homme par amour et par foi,
À ton plaisir te donnerai de l'or :
Mais Ganelon accorde avec le roi. »
Répont Thierry : « Point n’en tiendrai conseil! ; Maudit je sois si j'accepte ce don!
Que Dieu déclare entre nous deus le droit! »
Ce dit Thierry : « Pinabel, moult es preus, Et grand et fort, et ton corps bien moulé, Pour ton courage te connaissent tes pairs :
Cette bataille si veus abandonner,
Avec le roi te ferai accorder ;
Mais on fera du traître tel justice,
Ne sera jour où il n’en soit parlé?, »
Dit Pinabel : « Ne plaise à Dame-Dieu ÿ! Soutenir veus toute ma parenté.
Ne céderai pour nul homme mortel ; Mieus veus mourir que d’en avoir reproche. »
De leurs épées commencent à frapper Dessus les heaumes qui sont à or gemmés,