Je ne céderai pour rien au monde
Contre le ciel en vole le feu clair !.
Ne peut se faire que séparés ils soient ? :
Sans homme mort ne peut être fini *.
Moult était preus Pinabel de Sorence.
De Thierry frappe le heaume de Provence, Jaillit le feu, et l'herbe en fait s’'éprendre; Du brant d'acier la pointe lui présente, Dessus le front tout le heaume il lui tranche, Par le visage fait la pointe descendre,
La dextre joue en a toute sanglante.
Le haubert fent jusques au haut du ventre; Mais Dieu empêche que mort il ne l'abatte.
Ce voit Thierry qu'au visage est blessé, Le sang tout clair sur l'herbe en a coulé.
Lors Pinabel il frappe sur le heaume, Jusqu'au nasal l’a brisé et fendu,
Du chef lui a le cerveau répandu, Brandit son coup, et l’a mort abattu.
Par ce grand coup est le combat vaincu.
1. C'est-à dire : « les étincelles, que les coups font jaillir des casques, volent vers le ciel. »
2. C'est-à-dire : « il est désormais impossible de les séparer. »