‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 176 sur 334 · Je ne céderai pour rien au monde · texte numérisé non relu

Je ne céderai pour rien au monde

Contre le ciel en vole le feu clair !.

Ne peut se faire que séparés ils soient ? :

Sans homme mort ne peut être fini *.

Moult était preus Pinabel de Sorence.

De Thierry frappe le heaume de Provence, Jaillit le feu, et l'herbe en fait s’'éprendre; Du brant d'acier la pointe lui présente, Dessus le front tout le heaume il lui tranche, Par le visage fait la pointe descendre,

La dextre joue en a toute sanglante.

Le haubert fent jusques au haut du ventre; Mais Dieu empêche que mort il ne l'abatte.

Ce voit Thierry qu'au visage est blessé, Le sang tout clair sur l'herbe en a coulé.

Lors Pinabel il frappe sur le heaume, Jusqu'au nasal l’a brisé et fendu,

Du chef lui a le cerveau répandu, Brandit son coup, et l’a mort abattu.

Par ce grand coup est le combat vaincu.

1. C'est-à dire : « les étincelles, que les coups font jaillir des casques, volent vers le ciel. »

2. C'est-à-dire : « il est désormais impossible de les séparer. »

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