‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 194 sur 334 · Mannequin armé et pivotant · texte numérisé non relu

Mannequin armé et pivotant

Sur écu vide! qu'il se soit essayé.

Cent damoiseaus a à lui appelé,

Qui tous étaient ses compagnons privés, Et ses amis et de sa parenté,

Et chevaliers vaillants et éprouvés:

« Barons, dit-il, or soyez bien armés, Et près de moi vous tenez tous serrés; Nous en1rons devers cette cité.

Si Dieu permet, le roi de majesté,

Que hors des murs sortent les mécréants, Gardez pour rien que ne soyez troublés ? ; Car, si par nous sont vaillamment traités, Tôt y aurons tel avoir conquêté

Dont nous serons riches et bien pourvus. »

Et ils répondent : « À votre volonté!

Nous vous suivrons, dût-on nous démembrer. »

Ils s’empressent de s'armer et quittent le camp secrètement. Ils ne s'arrêtent que près de Narbonne, où ils s'embusquent près d’un fossé. Ils y étaient depuis un certain temps, lorsqu'ils voient sortir cent païens, attirés hors des murs par le spectacle du jeu de la quintaine.

Sire Aimeri les a bien regardés, Dit à ses hommes : « Francs chevaliers loués à,

1. Un écu vide est un écu sans chevalier vivant qui le tienne. Tel était celui de la quintaine.

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