‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 196 sur 334 · Il frappe le premier · texte numérisé non relu

Il frappe le premier

2, Le cri de ralliement.

Les autres fuient çà et là égarés.

Les morts se taisent, et criënt les blessés : « Mahomet sire, ayez de nous pitié!

Ce sont diables, qu'avons ci rencontrés ! »

En fuite tournent, n'y ont plus demeuré.

Mais Aimeri tient son brant acéré; Ceus qu'il atteint ont leur temps achevé, Bien a sur eus son audace prouvé!

Sur les païens a tant de coups frappé, De cent n'en sont pas quarante tournés.

Fuyant s'en vont vers la grande ferté?; Mais Aimeri, au courage éprouvé, Les poursuivait, tenant au poing l'épée.

Dessus le pont en a un rencontré, Tel coup lui donne qu'il le jète au fossé :

S'il avait soif, boire put à son gré.

Dedans les portes sont les autres entrés; Quand les ont closes, ils se sont rassurés.

Et Aimeri y vint, le brant levé, Aus portes frappe avec rude fierté :

« Narbonne ! il crie, à moi cette cité!

Fils à putain, vils félons déloyaus, Rendez-moi tôt la maître-forteresse ; Car Charlemagne m'en a le don donné !

Si ne le faites, serez tous démembrés, Brûlés au feu ou au vent accrochés,

Car la cité est mienne! »

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