‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 219 sur 334 · Marchands de cire · texte numérisé non relu

Marchands de cire

« Seigneurs, leur dit Boniface le fier,

[Il est venu soissante messagers,

Jamais n'ai vu si nobles chevaliers,

Tous ducs et comtes et moult riches terriers,

N'y a celui qui n'ait cinq écuyers;

En destre! font mener les bons destriers,

Et grands avoirs charger sur les sommiers,

Portent faucons, autours et éperviers,

Et chiens et braques, vautres ? et lévriers.

J'ordonne à vous, qui faites les métiers,

Que leur vendiez tous vos avoirs très cher,

Pour un denier deus sous ou vingt deniers.

Avant que passe demain le jour entier,

Ils mangeront avec moi volontiers.

— Sire, font-ils, par les saints de Poiliers,

Ce ban * nous est facile à observer.

Si acheter veulent de nos métiers,

Nous leur vendrons, mon escient, si cher,

Qu’aus pèlerins jamais vivre { outre-mer Ne fut si cher vendu. »

Roi Boniface s’en va en son donjon, Par la cité se logent les barons.

Dans leurs hôtels, de tous les environs,

Page 1