‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 222 sur 334 · Grosses nois · texte numérisé non relu

Grosses nois

2. Sur cet épisode des nois et des hanaps brûlés, qu'on retrouve ailleurs, voyez un article de M. Gaston Paris, dans Romania, IX, 515.

Et quand les ont fait cuire et préparer,

À peine en daignent-ils un peu goûter,

Mais ils font tout répartir et donner.

Jamais ne font leur manger refuser

À nul qui veuille ni venir ni aller;

Et qui le veut en peut assez porter.

Lombards le voient, qui avares étaient,

Ces grands dépenses ne peuvent endurer;

L'un d’eus envoient au roi le raconter :

« Au nom de Dieu, sire, grand tort avez,

Quand ces barons faites ci séjourner.

Jamais ne vimes tel orgueil démener

Par roi ni comte, par prince ni par pair.

Telle cherté ont en ville amenée,

Que voyageurs n’y peuvent se loger,

Et point n'y trouvent vivres à acheter.

Noble roi, sire, faites-les en tourner ! »

Le roi l’entent, il est tout irrité :

« Ma foi, fait-il, bien dois être ennuyé!

Je les ferai par devant moi mander.

— Sire, fait-il! il n’en faut point parler!

Avant verriez la quinzaine passer,

Qu'en votre hôtel en daignât un entrer,

Parce que trop les avez courroucés,

Quand vous leur fites les bûches refuser.

Ce fut follement fait! »

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