‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 226 sur 334 · Soyez le bienvenu · texte numérisé non relu

Soyez le bienvenu

— Seigneurs, dit-il, n’en soyez irrités,

Je ne l’ai fait pour nul mal, par Jésus !

Mais bien voudrais désormais avoir su,

S'il vous plaisait, pourquoi êtes venus,

Et chevaucher pourquoi avez voulu Hors de votre contrée. »

Hugues parla, le chevalier gentil!

De Barcelone, qui moult fut bien appris :

« Beau sire roi, dit le comte de pris,

Par le Seigneur, le roi de paradis,

Nous sommes tous ducs, comtes et marquis, N'y a celui qui n'ait riche pays.

Cà nous envoie le preus comte Aimeri,

Le meilleur prince qui dans ce monde vive.

D'Hernaut, qui fut si grand seigneur, est fils, N'est tel baron, d'ici à Saint-Denis,

Comme est le comte qui ci nous a transmis, Hors seulement Charles aus fiers sourcils:

À celui-ci ne le compare mie,

Mais, après lui, a dessus tous le pris

Celui quitient Narbonne et le pays,

Ce dont n'eut cure ni prince ni marquis.

Ce comte franc, dont ici vous ai dit,

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