‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 230 sur 334 · Sous sa puissance · texte numérisé non relu

Sous sa puissance

Si vous ennuie la mienne compagnie,

D'autant j'en suis plus fâchée et marrie,

Que de longtemps partir ne voulais mie.

Un jour me vint chercher dedans Pavie

Roi de Spolète avec grand baronnie !,

Ce est Othon, qui tant a seigneurie, |

Puis Savari à la barbe fleurie,

Cet Allemand, qui espérait folie, oc

Car mieus j'aimais être vive enfouie

Que tel vieillard m'eût eu pour son amie.

Et le duc Ace, qu'a Venise en baillie,

Depuis un an me requiert moult et prie.

Aussi me veut roi André de Hongrie ;

Riche homme il est, je ne le dédis mie,

Dis cités a dedans sa seigneurie ;

Mais il n'aura avec moi compagnie,

Caril est vieus, a la barbe fleurie,

Et il est rous, et la chair a blèmie;

Foi que je dois? à la Vierge Marie,

Ne le prendrais, dût-on m'ôter la vie.

Mieus je voudrais être en un feu brûlée,

Que de coucher près sa panse flétrie ;

Si m'aide Dieu, qui tout a en baillie, Jamais n’aurai vieil homme. »

Dit Hermengarde au beau corps si bien pris :

« Beau sire frère, je vous le certifie, 4. Avec beaucoup de barons.

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