‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 245 sur 334 · C'est-à-dire : « décorés d'un lion · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : « décorés d'un lion

Car lors pensèrent les chevaliers barons Que ce fût gens de l'Allemand félon, Qui pour les prendre venaient à éperons.

Dit l’un à l’autre : « Seigneurs, comment ferons ? Tous sommes morts, point n'aurons de rançon; Trop ont grand force ces Allemands félons.

Donne à nos âmes Jésus le vrai pardon!

Aimeri sire, quel grand destruction!

Noble seigneur, pour votre amour mourrons!

Pour notre mal vous connûmes, baron, Et Hermengarde, la pucelle au clair front,

Par qui! perdons la vie! »

Bien sont troublés les barons en la tour,

Et moult regrettent Aimeri leur seigneur.

Mais vient le comte avec force et vigueur; Devant était, sur le destrier de pris,

Près de lui Hugues, qui tant eut de valeur :

Bien fut armé, sur le vaillant coureur

Dont il avait Savari abattu ;

Au vent déploie l'enseigne et l’oriflamme.

Quand la connurent les barons de la tour, Lors firent joie, nul n’en vit de plus grande #; En peu de temps oubliënt leur douleur,

Et bien adorent le Père créateur.

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