‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 244 sur 334 · La grande armée de siège · texte numérisé non relu

La grande armée de siège

Qu'ont aperçu la tour et le donjon,

Là où les comtes se trouvaient en prison.

Virent les tentes !, autour et environ,

Là où étaient les Allemands félons.

Hugues les voit, nul ne fut si joyeus, Comte Aimeri appèle par son nom:

« Sire, fait-il, écoutez ma raison? :

Voici la tour là où sont les barons,

Mais, grâce à Dieu qu'à Longin fit pardon, Encore sont au siège les gloutons.

S'il vous agrée, il faut que nous armions ; Si dans les tentes surprendre les pouvions, Ne leur vaudrait leur défense un bouton, Qu'ils ne soient pris et tués sans rançon. »

Dit Aimeri : « Le Seigneur bénissons! »

Lors descendirent sans plus s’y arrêter.

Aussitôt s’arment chevaliers et barons :

Quand armés furent autour et environ, Chacun remonte son destrier d'Aragon, Puis chevauchèrent à force d'éperons.

Par les fenêtres du principal donjon,

Les aperçoivent les comtes prisonniers.

Virent reluire les hauberts à maillons, Tant de verts heaumes, tant d’écus à lion t, N'y eut celui qui n’en eût le frisson ;

1. Dans le texte : « les loges. » Ce mot désigne des tentes de branchage ou des baraquements.

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