‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 263 sur 334 · Girard · texte numérisé non relu

Girard

CIIANSONS DE GESTE

Et il répont : « Dame, com vous plaira. »

Le bon destrier fort il épcronna,

Jusqu'à Vienne mië ne s’attarda,

Le duc Girard dans le palais trouva,

Où fait combattre un grand ours queil a.

Moult bellement Poincçon le salua,

De par Jésus qui le monde créa,

Et de par celle qui à lui l'envoya ;

Puis lui a dit, un seul mot n'oublia,

Ce que la dame lui dit et commanda.

Le duc l’entent, grande joie en montra :

« Par le Seigneur, qui le monde créa, Bénite soit l'heure où ici viendra

La noble dame qui çà vous envoya!

N'eus telle joie, sachez-le, de Ilcngtemps.

Dame Guibour, fait-il, écoutez-moi :

Si vous m'aimâtes, bientôt y paraîtra, Car je sais bien, qui de cœur m'aimera, À cette dame grand honneur portera. »

Rapidement les degrés dévala,

Dame Hermengarde sur le perron trouva.

Le duc l’embrasse, et après la baisa ; Dans le palais avec lui l'emmena,

À son pouvoir chacun d’eus l’honora.

De leur manger parlé ne vous sera,

En abondance le duc leur en donna; Pour Aimeri! moult bel accueil leur fit.

Dame Guibour Hermengarde emmena,

Page 1