‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 283 sur 334 · Que Dieu le donne la force · texte numérisé non relu

Que Dieu le donne la force

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Les renverser, les fouler et briser. Jamais pauvre homme ne te faut quereller, Et, s’il se plaint, ne t’en doit ennuyer{, Mais tu le dois entendre et conseiller, Et pour l'amour de Dieu lui faire droit.

Vers l’orgueilleus te dois faire aussi fier Que léopard qui gens veuille manger; Et, s'il te veut quelque jour guerroyer, Convoqueras tes nobles chevaliers, Tant que bien soient plus de trente milliers ; Où mieus se fie ?, là le fais assiéger, Toute sa terre détruire et ravager ; (TE Si le peus prendre et en tes mains tenir, Jamais n’en aie en ton cœur de pitié, Fais-lui plutôt tous les membres trancher, Brûler au feu ou dedans l’eau noyer!

Car si Français te voient aus pieds foulé, Lors pourront dire à ta honte Normands :

« D'un pareil roi n'avions-nous pas besoin.

« Que maudit soit, par la crois de la tête, < 6o « Qui avec lui ira pour guerroyer, « Ni à sa cour ira pour l'honorer!

« Nous pouvons bien sur le sien 3 nous payer. » Et d'autre chose te veus, fils, aviser ; Que, si tu vis, il te faudra garder Que de vilain ne fasses conseiller {, 1. Cela ne doit pus l’ennuyer.

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