‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 292 sur 334 · Il a tué mon pere · texte numérisé non relu

Il a tué mon pere

Et moi et Dieu n'avons plus à plaider :.

Mienne est la terre et sien sera le ciel.

Si par la force puis prendre la contrée,

Ferai détruire tout ce qui tient à Dieu,

Les clercs qui chantent au couteau écorcher ; Toi-même, sire, qui est chef du moutier,

Te rôtirai sur charbons en foyer,

Tant que ton foie tombe dans le brasier. »

Lorsque le pape l’entent ainsi parler,

N'est pas merveille s’il en fut effrayé !

Lui et l'abbé lors se sont consultés :

« Par saint Denis, ce Turc est enragé!

Grand merveille est quand terre est sous ses pieds!, Qu'au feu d'enfer ne l’ait Dieu envoyé.

Ah! preus Guillaume, marquis au fier visage, Que Celui t'aide qui en crois fut dressé !

Contre sa force la tienne ne vaudrait. »

Au fier Galafre escorte a demandé,

Et 1l lui donne les deus fils de sa femme,

Qui jusqu'à Rome le conduisent à pied.

Comte Guillaume vers lui s’est avancé,

Il le saisit par le fer de l’étrier :

« Sire, fait-il, comme avez réussi?

Dites-moi si vous vites l'ennemi,

Qui contre Dieu veut Rome disputer ?

— Oui, beau seigneur, ne vous le veus celer, Ce n'est pas homme, mais plutôt un démon.

Si vivants fussent Roland et Olivier,

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