‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 332 sur 334 · Voyez ci-dessus, page 436, note · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, page 436, note

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le signal de leurs cors, et l'echeco jauna aiguise ses flèches.

Ils viennent ! Ils viennent ! Quelle haie de lances ! Comme les bannières de toutes couleurs flottent au milieu d'eus! Quels éclairs jaillissent au milieu de leurs armes! Combien sont-ils ? Enfant, compte-les bien. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze, quinze, seize, dix-sept, dix-huit, dix-neuf, vingt.

Vingt, et par milliers d’autres encore, on perdrait son temps à les compter. Unissons nos bras nerveux et souples, déracinons ces rochers, lançons-les du haut de la montagne en bas jusque sur leurs têtes, frappons-les de mort.

Que voulaient-ils de nos montagnes, ces hommes du Nord ? Pourquoi sont-ils venus troubler notre paix ? Quand Dieu fit ses montagnes, il voulut que les hommes ne les franchissent pas. Mais les rochers en tournoyant tombent, ils écrasent les troupes. Le sang ruisselle, les débris de chair palpitent. Oh! combien d'os broyés! Quelle mer de sang !

Fuyez! Fuyez! Vous à qui 1l reste de la force et un cheval. Fuis, roi Carloman, avec tes plumes noires et ta cape rouge. Ton neveu bien-aimé, Roland le robuste, est étendu mortlà-bas ; son courage ne lui a servi à rien pour lui. Et maintenant, Basques, laissons ces rochers, descendons vite en lançant nos flèches à ceux qui fuient.

Ils fuient ! Ils fuient ! Où est donc la haie des lances ? Où sont ces bannières de toutes couleurs flottant au

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milieu d'eux ? Les éclairs ne jaillissent plus de leurs armes souillées de sang. Combien sont-ils ? Enfant, compte-les bien. Vingt, dix-neuf, dix-huit, dix-sept, seize, quinze, quatorze, treize, douze, onze, dix, neuf huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un.

Un ! I n’en paraît pas un de plus. C’est fini. Etcheco Jauna, vous pouvez rentrer avec votre chien, embrasser votre femme et vos enfants, nettoyer vos flèches, les serrer avec votre cor, et ensuite vous coucher et dormir dessus. La nuit, les aigles viendront manger ces chairs écrasées, et tous ces os blanchiront dans l'éternité. »

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