‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 64 sur 334 · Cest-à-dire : « n'auront qui les garantisse de la mort · texte numérisé non relu

Cest-à-dire : « n'auront qui les garantisse de la mort

Répont Roland : « Mon ardeur s'en augmente.

Ne plaise à Dieu ni à ses très saints anges Jamais par moi perde sa valeur France !

Mieus veus mourir que déshonneur m'atlteigne. Pour bien férir le roi Charles nous aime. »

XCIIT

Roland est preus et Olivier est sage,

Avaient tous deus un merveilleus courage.

Dès lors qu’ils sont à cheval et en armes, Pour nulle crainte n’esquiveront bataille.

Bons sont les comtes, et leurs paroles hautes. Félons païens pleins de fureur chevauchent.

Dit Olivier : « Roland, voyez un peu!

Ceus-ci sont près, mais trop nous est loin Charles. Votre olifant sonner vous ne daignâtes :

Viendrait le roi, nous n’y aurions dommage!

Ceus qui là sont n'en doivent avoir blâme.

Regardez çà, du côté des ports d’Aspe ;

Voir y pouvez dolente arrière-garde.

Ceus qui la font, jamais n’en feront d'autre. » Répont Roland : « Ne dites tel outrage ‘!

Que maudit soit le cœur qui se couarde!

Nous resterons fermement en,la place ;

De nous viendront les coups et la bataille. »

4. Outrage a ici le sens étymologique de : parole qui dépasse la mesure.

Quand Roland voit que bataille y aura,

Plus fier n’est pas lion ni léopard.

Son compagnon Olivier appela :

« Seigneur, ami, ainsi ne parle pas!

L'empereur Charles, qui ses Francs nous laissa, Tels vingt milliers pour nous en mit à part!, Parmi lesquels n’y eut pas un couard.

Pour son seigneur on doit souffrir grands maus, Et endurer et forts froids et grands chauds,

Et doit-on perdre du sang et de la chair.

Va de ta lance ?, et moi de Durendal,

Ma bonne épée que le roi me donna :

Si suis occis, dire peut qui l'aura,

Que elle fut à un noble vassal. »

D'autre part est l'archevèque Turpin.

Son cheval pique, et monte sur un tertre ; Français appèle, un sermon leur a dit :

« Seigneurs barons, Charles nous laissa ci ; Pour notre roi devons-nous bien mourir.

Chrétienté aidez à soutenir !

Bataille aurez, vous en êtes tous sûrs,

1. C'est-à-dire : « mit à part pour nous aider les vingt mille que nous avons. »

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