‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 75 sur 334 · Sur sa/fré, voyez laisse LXX XVII · texte numérisé non relu

Sur sa/fré, voyez laisse LXX XVII

Gérin le comte est monté sur Sorel,

Et son ami Gérier sur Passe-Cerf.

Lâchent les rênes, éperonnent tous deus, | Et vont férir un païen, Timozel,

L'un sur l'écu, l’autre sur le haubert.

Leurs deus épiés dans le corps ils lui brisent, Mort le renversent au milieu d'un guéret.

N'ai ouï dire, et point je ne le sais,

Lequel des deus y fut le plus rapide.

Esperveris est là, le fils Borel :

L'occit bientôt Engelier de Eordeaux.

Et l'archevêque leur occit Siglorel,

Cet enchanteur, qui visita l'enfer :

Par art magique l'y mena Jupiter.

Ce dit Turpin : « Il rous avait fait tort! »

Répont Roland : « Vaincu est le félon.

Olivier frère, de tels coups me sont beaus. »

Pendant ce temps est la bataille dure ;

Francs et païens merveilleus coups y rendent, Frappent les uns, les autres se défendent.

Combien de lances en pièces et sanglantes, De gonfancns rompus, combien d’enseignes !

Tant de Français v perdent leur jeunesse !

Ne reverront leurs mires ni leurs femmes,

Ni ceus de France qui aus ports! les attendent. Charles le Magne en pleure et se lamente.

Mais à quoi bon? Ils n’en auront secours.

Mauvais service leur rendit Ganelon,

Qu'en Saragosse sa lignée alla vendre!

Puis en perdit et sa vie et ses membres,

En la cour d’Aix fut condamné à pendre,

Et avec lui trente de ses parents,

Qui pour mourir ne furent épargnés.

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