‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 103 sur 249 · CHEVAL ET CAVALIER · texte numérisé non relu

CHEVAL ET CAVALIER

J'ai mis le pied dans Tétrier; Que ton g^alop, mon fier coursier,

Au loin m'emporte !

Ton pauvre maître devient fou ;

Il faut aller.... je ne sais où

Qu'importe?...

Comme elle me croyait bien pris Dans le réseau de ses mépris ,

La fille blonde !

Fuyons la sirène aux yeux doux j Il faut placer entre elle et nous Le monde!

Tous les jours, nous partions ainsi , Légers d'allure et de souci ,

Pour voir la belle.

Évite le sentier étroit Que tu connais, et qui va droit Chez elle.

Qu'elle est fière de ses attraits , De ces faux dieux que j'adorais,

De son teint pâle !

Le ciel se mire en ses yeux bleus ; Sa voix , comme un chant amoureux , S'exhale!

Mon âme a repris sa fiertë , Et je lui jette en liberté

Mon anathème.

O mes lèvres, que vous mentiez!

Tous les jours vous lui répétiez :

Je t'aime !

0 la capricieuse enfant,

Qui n'aime pas, et qui défend

D'aimer les autres !

Heureux les cœurs sans amitié , Qui n'ont jamais pris en pitié Les nôtres!

Fuyons, fuyons; voici l'instant Où, tous les soirs, elle m'attend, '

Froide et touchante.

Et moi, je fuis loin de ces lieux, Sans une larme dans les yeux :

Je chante ! . . .

Mais qu'ai-je vu? Le vert gazon , L'allée obscure, la maison....

Ah ! plus de doute :

Maudits cheval et cavalier.

Qui ne sauraient pas oublier Leur route !

Fuyons, fuyons; presse le pas....

Mais non ; ne l'aperçois-tu pas

A sa fenêtre?

Il faut lui dire adieu ; demain , Nous nous remettrons en chemin....

Peut-être?...

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