‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 113 sur 249 · LA FILLE DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

LA FILLE DE L'AMOUR

On n*a jamais bien su comment

Vous êtes venue en ce monde;

Mais on sait, du premier moment.

Que vous êtes vermeille et blonde ,

Que votre taille est faite au tour,

Que vos grands yeux s'ouvrent pour plaire.

Vous êtes fille de l'AmcJur;

Méfiez-vous de votre père.

Moins de saveur ont les fruits doux , Moins d'incarnat les fleurs écloses ; On n'a rien ménagé pour vous ; Vos parents ont bien fait les choses.

Le printemps doit, à son retour.

Saluer votre anniversaire ; Vous êtes fille de l'Amour; Méfiez-vous de votre père.

Votre père est un vieux chasseur Qui respecte peu les novices ; Ses yeux affectent la douceur ; Sa bouche est pleine d'artifices.

Si vous l'hébergez un seul jour,

Il devient votre héte ordinaire. Vous êtes fille de l'Amour ; Méfiez-vous de votre père.

Voici venir l'été vermeil ; Le pré verdit , le bois est sombre Craignez les ardeurs du soleil , Et fuyez les dangers de l'ombre.

Tout chante au terrestre séjour; Ne maudissez pas votre mère — Vous êtes fille de l'Amour; Méfiez-vous de votre père.

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