‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 116 sur 249 · MA VOISINE · texte numérisé non relu

MA VOISINE

Tous les matins, je vous vois, Et j'entends de votre voix La mélodie argentine ; Au doux bruit de vos chansons Vous éveillez vos pinsons.

Bonjour, ma voisine.

Si vous demeurez si haut.

Sans doute c'est qu'il vous faut De l'air pour votre poitrine ; Et, sans fatiguer vos yeux, Vous pouvez travailler mieux.

Bonjour, ma voisine.

Vos doigts courent diligents Sur la soie aux tons changeants, Sur la blanche mousseline.

Vous n'en conserverez rien ; L'indienne vous va si bien !

Bonjour, ma voisine.

Us ne sont pas faits pour vous , Les bahuts, ni le« bijoux,

Ni les vases de la Chine.

V^otre opulence est ailleurs :

Venez arroser vos fleurs.

Bonjour, ma voisine.

Ne croyez pas le miroir Qui dit que votre œil est noir, Et que votre taille est fine ; Comment peut-il le savoir, Si vous n'allez pas y voir?

Bonjour, ma voisine.

Le jour commence à baisser :

Les plaisirs vont commencer.

Et la ville s'illumine.

Faites des rêves heureux ; Gardez-vous des amoureux.

Bonsoir, ma voisine.

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