MA VOISINE
Tous les matins, je vous vois, Et j'entends de votre voix La mélodie argentine ; Au doux bruit de vos chansons Vous éveillez vos pinsons.
Bonjour, ma voisine.
Si vous demeurez si haut.
Sans doute c'est qu'il vous faut De l'air pour votre poitrine ; Et, sans fatiguer vos yeux, Vous pouvez travailler mieux.
Bonjour, ma voisine.
Vos doigts courent diligents Sur la soie aux tons changeants, Sur la blanche mousseline.
Vous n'en conserverez rien ; L'indienne vous va si bien !
Bonjour, ma voisine.
Us ne sont pas faits pour vous , Les bahuts, ni le« bijoux,
Ni les vases de la Chine.
V^otre opulence est ailleurs :
Venez arroser vos fleurs.
Bonjour, ma voisine.
Ne croyez pas le miroir Qui dit que votre œil est noir, Et que votre taille est fine ; Comment peut-il le savoir, Si vous n'allez pas y voir?
Bonjour, ma voisine.
Le jour commence à baisser :
Les plaisirs vont commencer.
Et la ville s'illumine.
Faites des rêves heureux ; Gardez-vous des amoureux.
Bonsoir, ma voisine.