‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 117 sur 249 · LE VALLON DE LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

LE VALLON DE LA JEUNESSE

Un voyageur poudreux et las De la montagne atteint le faite ; H fait encore quelques pas, Puis s'assied, et tourne la tétc.

Le coteau, si rude au départ.

Devant ses yeux fuit et s'abaisse .

Embrassons encor d'un regard Le vallon de notre jeunesse.

274 GUSTATE MÀDAUD.

Cent précipices ont en Tain Interrompu sa nuurche sûre ; Où s'ouvrait un larg^ rayin , Il ne voit plus que la verdure.

Le torrent qui tombe au hasard De son murmure le caresse.

Embrassons encor d'un regard Le vallon de notre jeunesse.

Ah ! qu'ils sont doux au souvenir. Les jours rapides du voyage !

C'est quand les feuilles vont jaunir Qu'on sent la douceur de l'ombrage.

Les amours ont bien quelque part Marque leur passagère ivresse.

Embrassons encor d'un regard Le vallon de notre jeunesse.

« Encore y encor quelques instants,

Dit-il , la fatigue m'accable.

— Non , marche , marche , dit le Temps ,

Poursuis ta route infatigable. »

L'air est plus froid ; il se fait tard :

Voici le soir de la vieillesse.

Embrassons d'un dernier regard Le vallon de notre jeunesse.

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