L'ATTENTE
J'attends mon amie. Je l'attends, l'œil arrêté Sur le cadran argenté.
Aiguille endormie y Gomme moi vous l'attendez ; J'avance et vous retardez.
J'attends mon amie.
J'attends mon amie.
Tout est prêt ; je vois là-bas Nos fauteuils , qui ne sont pas
De l'Académie y Et le tabouret boiteux Où quatre pieds en font deux.
J'attends mon amie.
J'attends mon amie.
Voici les fleurs de saison ; Elle apporte en ma maison
Son économie ; Elle ne veut qu'im bouquet De lilas ou de muguet.
J'attends mon amie.
J'attends mon amie.
Je lis un livre récent ; Il me parait amusant
Gomme Jérémie;
Et je ne me souviens plus
Des chapitres que j'ai lus.
J'attends mon amie.
J'attends mon amie. L'heure ! . . . aurait-elle oublié ?. .
Ah ! mon âme , par pitié ,
Restez affermie.
Au rendez-vous indiqué A-t-elle jamais manqué?
J'attends mon amie.
J'attends mon amie.
Si pourtant quelque malheur?...
Hier, je voyais sa pâleur. . .
Déjà la demie { Aiguille , vous avancez. . .
Non, car vous me l'annoncez :
J'entends mon amie.