LA FERME DE BEAUVOIR
C'est à la ferme de Beauvoir
Qu'est un troupeau de vaches blanches.
Je vais là-bas, tous les dimanches ,
Rien que pour les voir.
Quand elles mangent dans l'étable, On dirait des gourmands à table ; Et, lorsque les foins sont rentres, Elles s'abattent sur les prés ,
Gomme des avalanches.
Je vais le dimanche à Beauvoir, Pour seulement apercevoir
Les grandes vaches blanches.
C'est à la ferme de Beauvoir
Qu'est un grand chien qui bat les autres.
Le lundi, j'y mène les nôtres.
Rien que pour le voir.
Mais dès qu'ils ont pu reconnaître De quel côté s'en va leur maître , Ils disparaissent pas à pas , Tète en arrière et queue en bas ,
Comme petits apôtres.
Le lundi, je vais à Beauvoir, Pour seulement apercevoir
Le chien qui bat les autres.
C'est à la ferme de Beauvoir Qu'est le vieux berger Nicodème.
Tous les jeudis, j'y vais de même,
Rien que pour le voir.
Il me raconte un tas d'histoires ; Il épelle dans des grimoires Et lit couramment dans la main.
Il est long comme un grand chemin ,
Et sec comme carême.
Le jeudi, je vais à Beauvoir, Pour seulement apercevoir
Le berger Nicodème.
C'est h la ferme de Beauvoir Qu'est une fillette que j'aime.
Denise est son nom de baptême,
Et je vais la voir.
Ce n'est pas pour les vaches blanches Que je vais là tous les dimanches ; Je n'y vais pas tous les lundis Pour le chien, ni, tous les jeudis,
Pour le vieux Nicodème.
Tous les jours, je vais h Beauvoir, Pour seulement apercevoir
La fillette que j'aime.