‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 160 sur 249 · CAUSERIE D'OISEAUX · texte numérisé non relu

CAUSERIE D'OISEAUX

J'étais dans un vallon plein d'ombre

Qu'habitaient des oiseaux sans nombre

Revenus avec les beaux jours;

Ils couraient dans l'herbe émaillée ,

Ou voletaient dans la feuillée ,

Ou dans l'air traçaient leurs contours.

Et je leur dis dans ma paresse :

A Pourquoi vous agiter sans cesse , Pourquoi ne pas vous reposer? »

Sans doute ces mots les touchèrent , Car tour à tour ils s'approchèrent, Et nous nous mîmes à causer.

« Crois-tu, me dit une hirondelle, Que ce soit pour montrer mon aile Que je passe comme l'ëclair?

Je poursuis l'insecte rapide Qui va rasant le sol humide , Ou s'élève dans le ciel clair. »

— « Moi, dit un épervier, je chasse; Je suis l'oiseau de noble race ,

Le conquérant, le fils des rois.

Mes vassaux ou mes adversaires , A la puissance de mes serres , Ont bientôt reconnu mes droits. »

Des pigeons saccageant les seigles Disaient : « Nous faisons les espiègles Et nous fêtons le renouveau.

— Moi , » disait une pie avare , a J'amasse ; Targent est si rare !

— Moi , je pille , » dit un moineau.

Et la troupe, en franche lippée.

Tout le jour n'était occupée Que de ses grossiers appétits, Comme font les poissons dans l'onde , Gomme tous les êtres du monde , .Bêtes ou non , grands ou petits.

ce Mais toi qui restes sur ta branche , Beau chanteur, oiseau du dimanche , Pourquoi ne prends-tu pas ton vol?

Pourquoi chanter à perdre haleine Le demi-jour et la nuit pleine?

— Pour chanter, » dit le rossignol.

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