‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 161 sur 249 · LE BONHEUR ET L'AMOUR · texte numérisé non relu

LE BONHEUR ET L'AMOUR

A la porte de Marguerite , Un matin , on frappe tout bas :

« Ouvrez bien vite.

— Nommez-vous, ou je n'ouvre pas.

— Qui je suis , belle Marguerite?

Vous ne comptiez pas sur l'honneur

De ma visite , Car on me nomme le Bonheur.

— Le Bonheur? » dit la jeune fille; a Me voici : soufFrez seulement

Que je m'habille.

Je suis à vous dans un moment.

— Mon enfant, ouvrez-moi la porte; La toilette ne sert de rien;

Et puis, qu'importe?

Je suis aveugle, on le sait bien.

— C'est vrai, mais ma honte est extrême, Car, je ne sais par quel souci ,

Devant moi-même Je n'oserais paraître ainsi.

GHAINSONS. 375

Donnez-moi la moitié d'une hem*e , Et je serai prête à mon gré.

— Soit, je demeure , »

Répond l'étranger; «j'attendrai.

— Vous, attendre? » dit Marguerite :

4c Je voudrais bien vous croire ; mais

C'est chose écrite, <Jue le Bonheur n'attend jamais.

-Ses discours ne sont pas les vôtres ; Monseigneur, vous vous trahissez.

Cherchez-en d'autres :

Passez votre chemin, passez.

A ce trait j'ai pu vous connaître, Et, si je m'en fie à mon cœur.

Vous devez être L'Amour, et non pas le Bonheur. »

Page 1