‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 19 sur 249 · MA CLÉ · texte numérisé non relu

MA CLÉ

Tu n'as pas brillante mine , Tu n'es d'or ni de platine , Mais de vilain fer raclé.

Pourtant tu sais si je t'aime ; Je te dois tout un poème, O ma clé !

Des fâcheux de toute sorte Toi seule défends ma porte , Me voilà clos et cerclé.

Mais que l'amitié t'appelle , Tu l'introduis sans chandelle , O ma clé !

A ton vieux clou suspendue , ' Tu pares la loge indue D'un portier fort mal meublé ; Et tous ceux qui savent lire Savent ce que tu veux dire , O ma clé !

Si parfois, en mon absence, Quelques amis en bombance Viennent lever le scellé , Remplace-moi ; qui perd gagne ; Livre-leur tout mon Champagne. .

O ma clé !

Et tu protèges encore Les mystères de l'aurore, Lorsque mon lit est doublé ; En rougissant, une vierge Te demande à ma concierge.

O ma clé !

Ouvre-lui mon nécessaire, Ma caisse et mon secrétaire Où gît un drame bâclé ; Adèle est honnête et tendre , Et puis, je n'ai rien à prendre....

O ma clé !

Il est tard , chère Julie, Ouvre-moi, je t'en suppUe, Ta porte et ton lit renflé ;

J'ai perdu, ma toute belle

— Quoi?. s. Ta bourse?... me dit-elle.

— Non. ma clé !

Pour moi qui n'ai pas de garde, De suisse avec hallebarde , Ni de valet bien bouclé , Qui me remplace ces braves , Et qui siffla les Burgraves?...

C'est ma clé !

CHANSOINS.

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