‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 210 sur 249 · MON MINISTERE · texte numérisé non relu

MON MINISTERE

Venez , mes amis , mes sujets , Depuis longtemps dans mes projets

Je me chargeais De votre bonheur sur la terre.

Je suis chef du gouvernement; Montrez-moi votre dévoûment,

C'est le moment :

Je vais former mon ministère.

Toi qui combats dans les journaux, Tu vas quitter tes arsenaux

Pour mes fourneaux.

Gouverneur d'une autre ofBcine, Coiffe le bonnet de coton ; On te donnera Jeanneton

Pour marmiton.

Sois ministre de la cuisine.

Toi qui par tes parents voué , Au cabinet d'un avoué

T'es dévoué, Prends l'air prude et le maintien grave ,

Prends ces clefs ; tu vas au coup d*œil Discerner le suresne en deuil

De Targenteuil :

Sois le ministre de la cave.

Voici mon peintre, mon chanteur, Mon poëte sans éditeur.

Et mon sculpteur.

Les Muses leur furent propices.

Pour ne pas leur faire un affront, S'ils sont quatre, eh bien, ils seront.

Quatre de front, Les ministres de mes délices.

Celui-ci n'est rien ; en effet , A peine , à peine en eût-on fait

Un sous-préfet.

Il cherche des fleurs et les cueille.

C'est égal , pour vous faire voir Quelle étendue a mon pouvoir,

Je veux avoir Un ministre sans portefeuille.

Quel est ce petit pied cambré Qui jusqu'ici s'est égaré

De son plein gré?

Venez, Margot, qu'on vous embrasse! Si vos doux yeux furent trop doux Pour quelques autres avant nous ,

Je vous absous.

Soyez ministre de la grâce.

Dans mon logis peu solennel J'ai rassemblé, roi paternel,

484 GUSTAVE NADACD.

Mon personnel.

Nous commençons par les dépenses.

Nous empruntons , nous vivons bien ; Il ne manque à notre maintien

Presque rien, rien...

Que le ministre des finances.

PliN DES CHANSONS.

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