‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 211 sur 249 · LES DEUX MADELEINES · texte numérisé non relu

LES DEUX MADELEINES

Berger qui descends comme moi

De la montagne , Où t'en vas-tu par la campagne ?

— Je vais au bourg de Saint-Éloi.

Et toi ?

— Je vais au hameau de Labrive ,

Sur l'autre rive, Et jusqu'au gué de Saint-Romain Nous suivons le même chemin.

J'aime une fille de la plaine : Elle se nomme Madeleine.

— La fille qui porte ce nom

Est-elle blonde Gomme pas une autre en ce monde?

Réponds sans feinte, compagnon.

— Mais non :

La fille dont je parle est brune

Gomme pas une.

— N'est-elle pas de Saint-Éloi ?

— Mais non, puisqu'elle est de chez moi.

J'aime une fille de la plaine :

Elle se nomme Madeleine.

• — As-tu quitté depuis long^mps Ta fiancée?

— Oui , depuis la Saint-Jean passée.

— Et que fais-tu depuis ce temps ?

-^J'attends.

— J'ai vu mourir plus d^une lune

Loin de ma brune.

— Et que fais-tu depuis ce temps ?

— Ce que tu fis : J'attends, j'attends.

J'aime une fille de la plaine :

Elle se nomme Madeleine.

— La fille qui te regarda

Te sera-t-elle, Après un si long temps , fidèle ?

— Puisque elle-même s'accorda,

Oui-da.

— Et toi , n'as-tu pas confiance

En sa constance ?

— Si je ne le pensais ainsi , ' On ne me verrait pas ici.

J'aime une fille de la plaine :

Elle se nomme Madeleine.

Vbici bientôt le jour qui fuit ;

La route grise Devant nous devient indécise.

— Mais une étoile nous conduit,

La nuit.

— Nous allons, à Taub^ prochaine,

Voir Madeleine.

CHAINSONS. 487

Voici le guë de Saint-RomaÎD.

Adieu , berger. — Demain ! — Demain !

J*aime une fille de la plaine :

Elle se nomme Madeleine.

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