‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 213 sur 249 · LE BOUTE-EN-TRAIN · texte numérisé non relu

LE BOUTE-EN-TRAIN

La chanson à la lèvre ,

Le flacon à la main , Gomme un satyre au pied de chèvre , Tu fais rire le. genre humain.

Fouille dans ta mémoire ,

Des chants en jailliront; Cherche dans la bouteille noire :

Il reste quelque chose au fond*

Boute, boute Encore une goutte.

Boute, boute Encore un refrain ;

Boute, boute Befrain et goutte ,

Goutte et refrain , Joyeux boute-en-train.

Volontiers tu te prives Des modernes banquets, Où l'on voit quatorze convives Servis par quatorze laquais.

Mais une table étroite Où six couverts sont mis...

Sentez le coude à gauche , à droite ^ Le verre en main , chantez, amis !

Boute 9 boute, etc.

On dit que la jeunesse

N'est plus jeune aujourd'hui.

Que par toi la gaité renaisse ^t trouve en nous son point d'appui.

Si l'on ne peut sur terre

Inventer rien de mieux , Restaurons Bacchus et Cythère , Faisons du neuf avec du vieux.

Boute, boute, etc.

Quand les fleurs sont gelées

Dans le jardin des rois.

On voit s'ouvrir les giroflées Sur le chaume des pauvres toits.

Dans le vin je préfère

Le goût à la couleur.

Mieux vaut la fleur sans le parterre,.

Que le parterre sans la fleur.

Boute, boute, etc.

Revienne le déluge ,

Tu vas , Noé nouveau , Faire de ton arche un refuge Pour tous ceux qui n'aiment pas l'eau.

Puis , à ton premier signe ,

Sur le coteau mouillé, Nous irons replanter la vigne , Quand Tarc-en-ciel aura brillé.

Boute, boute

Encore une goutte ,

Boute, boute Encore un refrain;

Boute, boute Refrain et goutte , Goutte et refrain.

Joyeux boute-en-train .

1)01 BLE REXCOXTRE,

Par le chemin , Un bâton à la main.

J'allais de Folie à Sornette ; Suivait aussi , Vous la voyez d'ici , La même route une fillette.

La belle enfant, Qui se trouvait devant , Paraissait marcher inquiète.

Sans me presser, Je pus la dépasser, Et doucement tournai la tctc.

49î GUSTAVE NADAUD.

Mon seul regard Perça de part en part La voyageuse délicate ; Sa joue en fleur Prit soudain la couleur Du coquelicot ëcarlate.

Ce grand émoi , Qui n'était pas pour moi , Était-il de naïve espèce ?

N'abusant pas D'un pareil embarras, Je gagnai bientôt de vitesse.

Je traversai Le bois d'un vert foncé , Égayé par les mousses jaunes , Et le ruisseau , Dissimulant son eau Sous les peupliers et les aunes.

Un cabaret Non loin de là s'ouvrait, A l'enseigne de la Redoute.

Les voyageurs, Plutôt ici qu'ailleurs , S'arrêtaient pour prendre une goutte.

Comme, étant las, Je modérais mon, pas, Je vis venir à ma rencontre

Un beau garçon.

Marchant d'autre façon ,

Qui regardait l'heure à sa montre.

Ce luron-là Soudain me rappela Notre paysanne gentille.

Il va de soi, Sans qu'on sache pourquoi , Qu'un garçon rappelle une fille.

Et je me dis :

S'ils vont au paradis, Et qu'ils marchent toujours de même, ^ Lui prestement.

Elle tout doucement , On pourra poser ce problème :

Est-ce au bois vert?

Est-ce au ruisseau couvert ?

Au cabaret de la Redoute ? Je n'en sais rien , Mais je gagerais bien Qu'ils se rencontrèrent en route.

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