‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 215 sur 249 · JALOUSIE · texte numérisé non relu

JALOUSIE

Jaloux ! Et pourquoi le serais-je ?

Son front est pur et lumineux

Gomme un Gorrége.

Mon soupçon est un sacrilège :

Je suis heureux !

Heureux ! Lorsque j'étais près d'elle, De mes désirs l'entretenant ,

Je me rappelle Sa froideur, qui m'était mortelle.

Et maintenant...

Maintenant qu'atteignant au fatte J'ai vaincu ses sens engourdis,

Je m'inquiète De sa trop rapide défaite ,

Et je me dis... •

Je me dis que ce bien insigne Ne devait pas être pour moi.

Étais-je digne De profaner ce cou de cygne ?

Alors, pourquoi...

Pourquoi souffrit-elle l'injure Que je lui fis quand je l'aimais ?

Et qui m'assure Qu'elle est fidèle , étant parjure ?

Âh ! si jamais... >

8i jamais un autre... ô mon àme !

Ce n'est pas lui que je tuerais.

Mais elle est femme :

Mon mépris sauverait l'infâme ,

Et je saurais...

Je saurais la fuir et me taire ; Mon front n'aurait pas un souci ,

Et solitaire, J'irais enfouir mon mystère...

Ciel ! la voici !

La .voici : le soupçon farouche A son aspect tombe amorti.

Quoi ! cette bouche , Cette voix qui charme et qui touche ?. . •

Non , j'ai menti !

J'ai menti. Visions malsaines,

Disparaissez !

Envolez-vous, chimères vaines...

Ah ! mon sang^ me brûle les veines !

le suis jaloux ! . . .

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