‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 216 sur 249 · LE BON ONCLE · texte numérisé non relu

LE BON ONCLE

Il a^ait fui le trouble de nos villes

Pour s'endormir dans le calme des champs.

Il se disait que les hommes serviles

Ne valent pas les oiseaux et leurs chants.

Le rossignol, le pinson, la fauvette

Pouvaient nicher dans les arbres feuillus ;

Chacun feignait d'ignorer leur cachette.

Oiseaux, chantez ! {bis) le bon oncle n'est plus.

Il cultivait dans un jardin immense

Toutes les fleurs qui naissent en plein air.

Il ramassait lui-même la semence

Pour la sauver des rigueurs de l'hiver.

Pas un muguet , pas un brin de glycine

N'était perdu : ses ordres absolus

Étaient qu'on meure où l'on a pris racine.

Fleurs, ouvrez-vous ! {bis) le bon oncle n'est plus.

Partout des fruits de toutes les essences Couvraient les murç ou bordaient les chemins : L'abricotier qui mûrit aux vacances, Le fraisier fait pour les petites mains ; Ou le prunier qui , si peu qu'on le touche , De sa moisson inonde les talus.

La vigne offrait ses grappes à la bouche. Fruits, mûrissez! {bis) le bon oncle n'est plus.

Enfants joyeux , dans ce jardin peut-être , Quand la ^uit tombe et qu'on a peur des loups ,

Au coin du bois vous verrez apparaître

L'homme indulgent que vous chérissiez tous.

Il vous dira : « Dans ma haute demeure

Je n'attends pas de regrets superflus.

La mort est douce et lie vaut pas qu'on pleure. »

Enfants, jouez ! {bis) le bon oncle n'est plus.

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