‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 217 sur 249 · LE BOULANGER DE GONESSE · texte numérisé non relu

LE BOULANGER DE GONESSE

Te voici donc , jeune homme , Habitant de Paris.

On te dit économe , Modeste et bien appris.

Mais , pour qu'on te connaisse , Je veux t'interroger.

— J'arrive de Gonesse Pour être boulanger.

— Soit; beaux-arts ou commerce, Rien n'est hors de saison :

Il faut que l'homme exerce Son cœur et sa raison.

Du péché de jeunesse Tu vas te corriger.

— J'arrive de Gonesse Pour être boulanger.

— As-tu fixé d'avance , Pour le coordonner, Le plan de l'existence

Que tu prétends mener? «

Cent ennemis sans cesse Te viendront assiéger.

— J'arrive de Gonesse Pour être boulanger.

— En lettres, en musique, •Que seras-lu demain ?

Romantique ou classique ?

Rossiniste ou Germain ?

£>is-moi dans quelle espèce Il faudra te ranger ?

— J'arrive de Gonesse ^Pour être boulanger.

— Régleras-tu ta montre 5ur le trône ou l'autel ?

.Seras-tu pour ou contre

Le pouvoir temporel ?

Selon quelle sagesse Vas-tu te diriger ?

— J'arrive de Gonesse Pour être boulanger.

— A quels nouveaux principes Te rattacheras-tu?

A l'école des pipes, Ou du chapeau pointu ?

-Quelle est, touchant la presse , Ta façon de juger ?

— J'arrive de Gonesse Pour être boulanger.

— Il n'est pas impossible, Jeune homme , que l*amour^ Si ton cœur est sensible , T'égare quelque jour.

C'est une douce ivresse, Mais c'est un grand danger.

— J'arrive de Gonesse Pour être boulanger.

— Surtout fuis comme un crime* L'ambition ! Vois-tu ,

C'est l'insondable abîme Où sombre la vertu.

Fais-moi bien la promesse De ne pas t'y plonger.

— J'arrive de Gonesse Pour être boulanger.

— Au fait, c'est entre mille Un des plus sûrs moyens De te montrer utile

A tes concitoyens.

Cuis donc pour la noblesse ,

Le peuple et l'étranger.

— J'arrive de Gonesse Pour être boulanger.

CIIANSOJNS. 503

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