‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 23 sur 249 · LES GRANDS-PERES · texte numérisé non relu

LES GRANDS-PERES

Du temps de vos grands-pères , Vertueux grands-papas, Vous étiez moins sévères Et vous ne grondiez pas.

Us vous faisaient la guerre , Ils faisaient comme vous; Mais vous n'écoutiez guère.

Vous faisiez comme nous.

D'une âme fort égale Écoutant leurs leçons , Quand ils parlaient morale , Vous répondiez. . . . Chansons !

Et, sans reprendre haleine, Vous alliez , jeunes fous ,

Goui*ir la prétantaine. . . .

Vous faisiez comme nous.

Vous faisiez des victimes , Ingrats ! . . . vous les trompiez ; Vous trompiez vos intimes , En trompant leurs moitiés ; Et vous trompiez les vôtres , • Qui souvent y avant vous, En avaient trompé d^autres C'était comme chez nous.

Lorsque , changeant de rôles y Nous aurons des enfants , Nous trouverons les drôles Pires que leurs parents , Les amants moins fidèles , Moins sages les époux , Et les beautés moins belles ; Nous ferons comme vous.

Mais si jamais , lassée De son trop long repos, La France menacée Agitait ses drapeaux ; Reprenant votre épée Que l'Europe à genoux De son sang vit trempée , Nous ferions comme vous ! . »

Il est un pays plein de charmes , Qui dans mes plaisirs ou mes larmes , Souvent, souvent, est revenu; Est-il au couchant , à l'aurore , Au nord, au midi?... je l'ignore :

C'est l'inconnu!...

Là, régnent Ja vertu profonde, La paix du cœur, l'oubli du monde; Là , tout est chaste et retenu :

Le cri des passions humaines N'atteint pas à ces hauts domaines :

C'est l'inconnu.

Les fleurs y naissent sans culture ; A toute chose la nature Prête son éclat ingénu; Tous les cœurs sont droits et sincères. Tous les hommes s'aiment en frères :

C'est l'inconnu.

Là , le pouvoir n'a pas d'entraves ; L'or n'y sema jamais d'esclaves.

Sans usure et sans revenu , Là, toute richesse est conunune, Le bonheur seul fait la fortune :

C'est l'inconnu.

Point de royautés légitimes !

L'homme, sans juges et sans crimes.

Par nul lien n'est retenu; L'air libre et pur de la patrie Est mortel à la tyrannie :

C'est l'inconnu.

O toi , qui m'ouvres ces contrées , Au ciel pur, aux plaines dorées , Beau rêve , sois le bienvenu :

Par toi sont les vierges fidèles , Par toi, les amours immortelles....

C'est l'inconnu !

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