LA VALSE DES ADIEUX
Il est un air h la fois vif et tendre Dont j*ai gardé le touchant souvenir; J'aimais jadis , j*aime encore à l'entendre; Il m'annonçait qu'elle devait venir.
C'était l'écho d'une valse entraînante Que nous avions entendue un beau soir; Nous la chantions.... Sa voix était charmante; Nous l'appelions la Valse du revoir.
Chaque matin, j'entr'ouvrais ma fenêtre.
Pour épier l'harmonieux signal ,
Et, du moment qu'on me voyait paraître,
On entonnait le refrain matinal.
Et, tout le jour, notre valse sonore
Frappait le ciel blanc ou bleu , gris ou noir ;
La nuit venait ; nous la chantions encore ;
Nous l'appelions la Valse du revoir.
Or, qu'advint-il? Je le dirai sans rire : Un air nouveau remplace un air ancien ; Sans le savoir, et surtout sans le dire, Chacun de nous avait changé le sien.
Le souvenir, même d'une folie, A quelquefois des larmes dans les yeux; J'ai retenu la valse qu'elle oublie , Pour l'appeler la Valse des adieux.