LA HAUTE COUR
Air : Elle est sauvée noire Hiiale République.
Waldeck ayant découvert une piste^
Les éléments d'une conspiration,
Par m'sieur Lépin' fit dresser une liste
De gens qu'il fit mettre en arrestation.
Il y'en eut bien quelqu's-uns qui s'fir'ut la paire,
Mais Lépiae en prit encore assez, pour
Permettre au Gard' des sceaux du miaistére^
De réunir le Sénat en Haut' Cour !
— « Il faut sauver notre sainte Republique,' « Que d'renverscr, des gens ont le projet!
— Clàma Waldeck — soyons patriotique Au cri cent fois répété d'Viv' Loubet I...
Vive Loubet I
Chansons de la Boiie.
ÂiR : Le crime du Pecq,
Ça s passa le i8 Septembre
Dans le Palais du Luxembourg :
Bien des membres de la Haut* Cour
Eussent préféré garder la Chambre I
Monsieur Falliér's, leur Président,
Leur avait dit auparavant :
— « N'vous mettez pas en grand' tenue,
c( Pas besoin de r' vêtir votre vieill' queu' d' morue,
« Venez, n'import* comment,
« Pourvu, évidemment, « Que vous soyez vêtus très décemment.
« La seul* tenu\ qu'est pas permise,
« C'est de venir vêtus seulement de votr' chemise,
<c Car des dam*s, s'il vous plaît,
ne S'ront admises dans TPalais,
a Et c'que vous leur feriez voir, sVait trop laid I »
Chansons de la Boile.
Air: Ab hadaboum.
« D'autant plus, dit Fallièr's, continuant sur Tmêm' ion, « Qu' ce soit habit, redingote ou veston :
« Ail c*que j'ni'en fous î c'que j' m'en fous ! c\^uc j ni'cnious. « Nous aurons tous bientôt un uniform' du reste ; « Car nous nous séparerons p't'être avec un* bell' veste, . <K Mais c'que j'm'enfous, c'que j'm'en fous ! c'que j'm*en fous. »
Air : Sieni Sien/ Rien!
Donc, devant ce vieux et docte auditoire, Monsieur Bernard lut son rci^uisitoirc, Et les sénateurs s'disaient : « Nom d'un chien !... ic Là d'dedans, il n'y a rien I rien ! rien !... »
Air : Ça vous fait quelque chose.
Et, comme on n'ieur avait rien dit,
Et qu'ils n'avaient rien à se dire,
Tout d'suite riiuis clos fut prescrit,
Et le public se vit proscrire.
Restés tout seuls, les sénateurs
Se dir'nt: <c Conjurons la marchance:
(( La France n*a pas besoin d'sauveurs,
ce Mais faut tout d'mèm' sauver la France.
« Enfermons-nous jusqu'à ce soir...
« ... Lisons des vers... lisons d'ia prose...
(( Pour que Tpeuple inquiet d'pas nous voir
a Se dise : Y'a tout d'mêm' quelque chose 1 . . . »
Chansons de la Boite. loi
ÂiR : 'Quand on a travailU.
Lors,m*sieur Bérenger qu'est un homm' pratique
Dit': « C'est pas tout ça I faut nous débrouiller :
« Nous avons vingt-trois dét'nus politiques,
<c II n'y* a pas à dir*, faut les condamner!...
(c Pour les condamner, &ut qu'il y'aitquelqu' chose,
« Ët comme il n*y a rien, jusqu'ici, du moins,
« Mes amis, tournons et retournons la cause :
<( Prouvons qu'nous la connaissons dans les coins... »
tt Waldeck a travaillé,
(( Pendant deux mois entiers
« Pour fabriquer T complot.
« Ce s'rait un peu salaud,
« De r'coD naître innocents,
« Ceux qu'il a foutu d'dans,
« Faut donc les inculper !...
<c Mais, de quoi;'... Nous allons chercher!
Air : Les deux gendarmes.
Ils cherchér'ut longtemps en silence.
Réunis dans leur comnûfision [bis] Pour trouver, en jurisprudence, Les motifs d'un* condamnation [bis] O'temps ea temps, sous sa chaise bas^e, L'un d*eux poussait un petit son, Et disait : « Je sens bien qu'il passe
<( Comme un vent de conspiration I » ]
Air : LAnge Gabriel,
Ils cherchèrent longtemps, oh 1 combien I Sans parvenir à trouver rien, Quand on vit Bérenger bondir; Il dit : « Messieurs, &ut en finir I...
Tous ces homm's, n'est-ce pas, Messieurs,
Nuit et jour complotent entre eux;
Entre eux, iout seuh, c'est évident :
Il n'y a pas un* seul' femm*là d'dans !
Or^ si ces homm's, de fstçon régulière, Complotant pàr devant, complotant par derrière. N'agissent jamais de la sorte, qu'entre eux.
C'est tout simplement honteux ! honteux t honteux I
Ce sont des mœurs dign's de London, Fi donçl (ter)
Qîxi sont, au degré supérieur,
Un attentat à la pudeur.
Y' a pas d'erreur I .
Air : Elk est sauvie notre sainte République.
C'n'cst pas là dWs — c'eût été par trop raide — Qu'ils établirent Timportanc' du méfait, Mais ils ont tout d'mèm'. banni Dérouléde, Marcel Habert» Lur Saiuc's et Buffet :
D'ia Providepce admirons tous les voies !
Des Républiques, ell' choisit les sauveurs :
Au Capitor, jadis, c'étaient les oies.
Au Luxembourg, ce sont les sénateurs 1 Ayant sauvé notre saint' République 1 Les sénateurs s'en allér'nt satisfaits, £n s'écriant, pleins d'joie patriotique.
Vive cent fois Waldeck et viv' Loubet !
Vive Loubet I