ÉVOCATION DE L'AUTOMNE
A Louis Janot
Devant les gammes éclatantes
Des paysages sans douceur
Où vibre un immuable été,
Devant l'azur violent
Des lourds Tropiques
Qui ne savent que la pompe
Des triomphes
Et non leur mélancolie,
Je songe aux idylliques soirs
Des provinces,
Où pour les adieux de l'Automne,
S'effeuillent
Les couronnes
Des bois
Ensanglantés de crépuscule ;
Je songe aux vallées pyrénéennes
Où loin des beuglements
Des modernes automobiles,
A l'ombre d'un peuplier
Qui frissonne en l'azur doré.
Un jeune pâtre au brun visage
Entonne soudain
Un air ancien
Qui fait rêver le paysage.