‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 212 sur 315 · LAFAYETTE EN AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

LAFAYETTE EN AMÉRIQUE

Am : A soixante ans il ne faut pas remettre.

Républicains, quel cortège s’avance?

— Un vieux guerrier débarque parmi nous.

— Vient-il d’un roi vous jurer r alliance?

— Il a des rois allumé le courroux

— Est-il puissaut? — Seul il franchit les ondes.

— Qu’ a-t-il donc fait? — 11 a brisé des fers. Gloire immortelle à l’homme des deux mondes - Jours de triomphe, éclairez l’univers !

Européen, partout, sur ce rivage Qui retentit de joyeuses clameurs,

Tu vois régner, sans trouble et sans servage, La paix, les lois, le travail et les mœurs.

Des opprimés ces bords sont le refuge :

La tyrannie a peuplé nos déserts.

I/homme et ses droits ont ici Dieu pour juge. Jours de triomphe, éclairez l’univers !

DE BEBÀNÜER.

Mais que de sang nous coûta ce bien-être î Nous succombions; Lafayettc accourut,

Montra la France, eut Washington pour maître, Lutta, vainquit, et l’Anglais disparut.

Pour son pays, pour la liberté sainte,

Il a depuis grandi dans les revers.

Des fers d’Olmutz nous effaçons l’empreinte. Jours de triomphe, éclairez Tuniver s 1

Ce vieil ami que tant d’ivresse accueille,

Par un héros ce héros adopté Bénit jadis, à sa première feuille,

L’arbre naissant de notre liberté.

Mais aujourd’hui que l'arbre et son feuillage Bravent en paix la foudre et les hivers.

Il vient s’asseoir sous son fertile ombrage. Jours de triomphe, éclairez l’univers !

Autour de lui vois nos chefs, vois nos sages, Nos -vieux soldats se rappelant ses traits,

Vois tout im peuple et ces tribus sauvages A son nom seul sortant de leurs forêts.

L’arbre sacré sur ce concours immense Forme un abri de rameaux toujours verts :

Les vents au loin porteront sa semence.

Jours de triomphe, éclairez l’tmivers !

L’Européen que frappent ces paroles,

Servit ues rois, suivit des conquérants:

Un peuple esclave encensait ces idoles;

Un peuple libre a des honneurs plus grands. . Hélas ! dit-il , et sou œil sur les ondes Semble chercher des bords lointains et chers. Que la vertu rapproche les deux mondes 1 Jours de triomphe, éclairez l’univers î

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