‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 222 sur 315 · LES PAUVRES AMOURS · texte numérisé non relu

LES PAUVRES AMOURS

Air- Jupiter un jour en fureur.

Trois douzaines de Cupidons,

Qu’une actrice a mis sur la paille, Hier mendiaient, et la marmaille Les poursuivait de gais lardons.

Chez Lise ils frappent d’un air triste. Lise répond : Nous sommes sourds.

Quoi! vivrez-vous donc toujours, Vieux petits culs nuis d’ Amours?

Allez, Dieu vous assiste ! (bis.)

Partout en France on vous fourra.

Vous avez guindé la sculpture,

Vous avez fardé la peinture,

Vous affadissez l’Opera.

Des Anacréons j’ai la liste ;

Ils encombrent ville et faubourgs’.

Vous les couronnez toujours,

Vieux petits culs nus d* Amours ; Allez, Dieu vous assiste !

Quittez votre Olympe en débris ;

Que Mars, Phébus, Bacchus, Minerve, Voguent avec vous de conserve;

A Gnide remmenez Cypris.

Les Grâces suivront a la piste,

Phébé guidera votre cours.

Emigrez, mais pour toujours,

Vieux petits culs nuis d Amours; Allez, Dieu vous assiste!

Emballez avec tous vos dieux Flore et l’Aurore aux doigts de roses ;

Par leur nom appelons les choses,

Les choses n’en plairont que mieux.

Mon cœur à l’amant qui persiste Se rend bien sans votre secours.

Sans vous j’aimerai toujours,

Vieux petits culs nus d Amours ;

Allez, Dieu vous assiste!

En leur fermant la porte au nez,

Parlait ainsi la tendre Lise,

Quand près d’eux passe une marquise Dont à peine ils sont les aînés.

La dame, quoique moraliste,

Leur dit : îlendez-inoi mes beaux jours. Dans ma chambre et pour toujours.

Chers petits culs nus d’Amours +, Venez, Dieu vous assiste! (bis.)

dernier président du directoire, qui m'avait adressé

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