‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 308 sur 315 · BAPTÊME DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

BAPTÊME DE VOLTAIRE

Aii\: I.es Cloches du monastère

La foui© encombre l’église;

Les prêtres sont en émoi :

C’est un garçon qu’on baptise,

Fils d'un trésorier du roi.

Le curé court personne Lire au bedeau : Sonne 1 sonne î !Dig don! dig don!

Que n'avons-nous un bourdon !

Lig don! dig don!

Don! don! '

Le curé parle au vicaire :

Ce baptême nous fera . Redorer croix, reliquaire,

Ostensoir, et cæte a.

Même il se peut que j’accroche De l’argent pour une elocliô.

Dig don! dig don!

Que n’avons-nous un bourdon!

Dig don! dig don!

Don! don!

Al»! crie un chantre, j’espère Que, no»is livrant son cellier.

Cet enfant, comme son père,

Un jour sera marguillier.

* Voltaire, né en IfiSM , était d'apparence si frêle, qu’on «e contenta de t’ondoyer en famille. Sun baptême n’eut lieu qu’. u novembre de la même année, a Saint-An lié-des-Arcs. Son père, notaire d'abord, devint trésorier de la cour des comptes.

| BIS

DE BÉRANGEB.

Qu’à son nom l’honneur s’attache Kun gros marguitlier sans .tache.

Dig don ! dig don !

Que n’avons-nous un bourdon!

Dig don!, dig (Lonl . r ;

Pou ! don !

A la marraine un beau prêtre Dit tout bas : Les jolis yeux ! i Madame, vous devez être t

Un ange envoyé des deux.

L’enfant qu’un ange patronne Est un saint que Dieu nous donne.

Dig don ! dig don ! • . • <

Que u’ avons-nous un bourdon!

Dig don! dig don! nQ

Don! don!

Do sa mère, ajoute un diacre,

Ce fils aura tout l’esprit.

Qu’à la chaire il se consacre :

11 vengera Jésus-Christ.

Qui sait? à sa voix peut-être Plus d’un bûcher doit renaître.

Dig don ! dig don !

Que n’avons-nous un bourdon !

Dig don! dig don!

Don! don!

Mais du ciel tombe un fantôme ;

C’est Rabelais, grand moqueur,

Qui leur dit : Dans ce vieux tome J’ai chanté jadis au chœur.

Sur cet enfant qu’on baptise . ■ Dieu veut que je prophétisé.

Dig don, dig don ! ■ . . > •

f CHANSONS

Que n’avez-vous on bourdon!

Dig don ! dig don !

l)on! don!

Nous nommons Franeois-Marie Ce garçon, dit le parrain.

Le fantôme se récrie :

lie tels noms ne lui vont brin.

' La Gloire, à son baptistère,

Lui donnera nom Voltaire.

.. __ Dig don ! dij* don !

Que n’avez-vous un bourdon!

Dig don 1 dig don !

l)ou ! don!

Dans ce marmot, tête énorme, Germe un puissant écrivain Qui doit, en fait de réforme, Passer Luther et Calvin.

Sots préjugés, il vous sape; Gare à vous, monsieur du pape.

Dig don! dig don!

Que n’avez-vous un bourdon !

Dig don! dig don!

Don ! don !

Ce Rabelais, qu’on l’arrête !

Dit le curé, s'échauffant.

Pour nous un dîner s’apprête Chez le père de l’enfant.

De cadeaux il nous accable :

Baptisons, fût-ce le diable !

Dig don ! dig don !

Que n’avons-nous un bourdon !

Dig don ! dig don !

Don! don!

DEBÉRANGEH.

Le fantôme, qui s’envole, • • ,

Crie aux prêtres : Avant peu, ; Voltaire, encore à l’école.

En jouant y met le feu.

Ce feu chez vous va s'étendre ;

Aux cloches il faut vous pendre.

Dig don! dig don!

Que n’ avez-vous un bourdon ! j Dig don ! dig don ! J bis.

Don ! don ! '

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