BAPTÊME DE VOLTAIRE
Aii\: I.es Cloches du monastère
La foui© encombre l’église;
Les prêtres sont en émoi :
C’est un garçon qu’on baptise,
Fils d'un trésorier du roi.
Le curé court personne Lire au bedeau : Sonne 1 sonne î !Dig don! dig don!
Que n'avons-nous un bourdon !
Lig don! dig don!
Don! don! '
Le curé parle au vicaire :
Ce baptême nous fera . Redorer croix, reliquaire,
Ostensoir, et cæte a.
Même il se peut que j’accroche De l’argent pour une elocliô.
Dig don! dig don!
Que n’avons-nous un bourdon!
Dig don! dig don!
Don! don!
Al»! crie un chantre, j’espère Que, no»is livrant son cellier.
Cet enfant, comme son père,
Un jour sera marguillier.
* Voltaire, né en IfiSM , était d'apparence si frêle, qu’on «e contenta de t’ondoyer en famille. Sun baptême n’eut lieu qu’. u novembre de la même année, a Saint-An lié-des-Arcs. Son père, notaire d'abord, devint trésorier de la cour des comptes.
| BIS
DE BÉRANGEB.
Qu’à son nom l’honneur s’attache Kun gros marguitlier sans .tache.
Dig don ! dig don !
Que n’avons-nous un bourdon!
Dig don!, dig (Lonl . r ;
Pou ! don !
A la marraine un beau prêtre Dit tout bas : Les jolis yeux ! i Madame, vous devez être t
Un ange envoyé des deux.
L’enfant qu’un ange patronne Est un saint que Dieu nous donne.
Dig don ! dig don ! • . • <
Que u’ avons-nous un bourdon!
Dig don! dig don! nQ
Don! don!
Do sa mère, ajoute un diacre,
Ce fils aura tout l’esprit.
Qu’à la chaire il se consacre :
11 vengera Jésus-Christ.
Qui sait? à sa voix peut-être Plus d’un bûcher doit renaître.
Dig don ! dig don !
Que n’avons-nous un bourdon !
Dig don! dig don!
Don! don!
Mais du ciel tombe un fantôme ;
C’est Rabelais, grand moqueur,
Qui leur dit : Dans ce vieux tome J’ai chanté jadis au chœur.
Sur cet enfant qu’on baptise . ■ Dieu veut que je prophétisé.
Dig don, dig don ! ■ . . > •
f CHANSONS
Que n’avez-vous on bourdon!
Dig don ! dig don !
l)on! don!
Nous nommons Franeois-Marie Ce garçon, dit le parrain.
Le fantôme se récrie :
lie tels noms ne lui vont brin.
' La Gloire, à son baptistère,
Lui donnera nom Voltaire.
.. __ Dig don ! dij* don !
Que n’avez-vous un bourdon!
Dig don 1 dig don !
l)ou ! don!
Dans ce marmot, tête énorme, Germe un puissant écrivain Qui doit, en fait de réforme, Passer Luther et Calvin.
Sots préjugés, il vous sape; Gare à vous, monsieur du pape.
Dig don! dig don!
Que n’avez-vous un bourdon !
Dig don! dig don!
Don ! don !
Ce Rabelais, qu’on l’arrête !
Dit le curé, s'échauffant.
Pour nous un dîner s’apprête Chez le père de l’enfant.
De cadeaux il nous accable :
Baptisons, fût-ce le diable !
Dig don ! dig don !
Que n’avons-nous un bourdon !
Dig don ! dig don !
Don! don!
DEBÉRANGEH.
Le fantôme, qui s’envole, • • ,
Crie aux prêtres : Avant peu, ; Voltaire, encore à l’école.
En jouant y met le feu.
Ce feu chez vous va s'étendre ;
Aux cloches il faut vous pendre.
Dig don! dig don!
Que n’ avez-vous un bourdon ! j Dig don ! dig don ! J bis.
Don ! don ! '