‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 31 sur 315 · CHANTÉE AUX SOUPERS DE MOMUS · texte numérisé non relu

CHANTÉE AUX SOUPERS DE MOMUS

Ain : I.a marmotte a mal au |>ie<L

Que Momus, Dieu des bons couplets, Soit l’ami d’Épicure;

Je veux porter ses chapelets Pendus à ma ceinture.

Payant tribut A l’attribut De sa gaîté falote,

Pe main en main,

Jusqu’à demain,

Tassons- nous J a marotte.

La marotte au sceptre des rois Oppose sa puissance :

Momus en donne sur les doigts Ihi grand que l’on encense.

Gaiment frappons Sots et fripons

En casque, en mitre, en cotte.

De main en main,

Jusqu’à demain,

Passons-nous la marotte.

Qu’un fat soit l’aigle des salons;

Qu’un docteur sente l’ambre; Qu’un valet change ses galons Sans changer d’antichambre; Paris, enclin Au trait malin,

Grâce à nous, les ballotte.

De main eu main,

Jusqu’à demain, Passons-nous la marotte.

Mais de la marotte, à sa cour,

La beauté veut qu’on use;

C’est un des hochets de l'Amour, Et Vénus s’en amuse.

Son joyeux bruit Souvent séduit L’actrice et la dévote.

De main en main,

Jusqu’à demain,

Passons-nous la marotte.

Elle s’allie au tambourin Du dieu de la vendange.

Quand pour guérir le noir chagrin Coule un vin sans mélange.

Oui, ses grelots Font à grands flots Jaillir cet antidote.

De main en main,

Jusqu’à demain,

Passons-nous la marotte.

Foint de convives paresseux,

Amis, car il me semble

Que l'amitié bénit tous ceux Que la marotte assemble :

Jeunes d’esprit,

Ensemble on rit,

Puis ensemble on radote.

De main en main.

Jusqu’à demain,

Passons-nous la marotte

Au bruit des grelots, dans ce lieu, Chantez donc votre messe.

L’assistant, le prêtre et le dieu Inspirent l’allégresse.

D’un gai refrain,

A ce lutrin,

Tour qu’on suive la note,

De main en main,

Jusqu’à demain,

Passons nous la marotte.

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