‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 32 sur 315 · LA DOUBLE IVRESSE · texte numérisé non relu

LA DOUBLE IVRESSE

Aih Que ne siii*-;o la (ou^ere.

Je reposais sous l'ombrage, Quand Nœris vint m’éveiller;

Je crus voir sur son visage Le feu du désir briller.

Sur son front Zéphire agite La rose et le pampre vert,

Et de son sein qui palpite Flotte le voile eutr’ouvert.

Un enfant qui suit sa trace (Son frère, si je l’en crois) Presse pour remplir sa tasse Des raisins entre ses doigts.

Tandis qu’à mes yeux la belle Chante et danse à ses chansons, L’enfant, caché derrière elle, Mêle au. vin d’affreux poisons.

Nœris prend la tasse pleine,

V goûte et vient me l’offrir.

Ah! dis-je, la ruse est vaine .

Je sais qu’on peut en mourir.

Tu le veux, enchanteresse :

Je bois, dussé-ie en ce jour *

Du vin expier l'ivresse Par l’ivresse de l'amour.

Mon délire fut extrême*.

Mais aussi qu'il -dura peu!

Ce n’est plus Nœris que faillie,

Et Nœris s’en fait un jeu.

De ces ardeurs infidèles,

Ce qui reste, c’est qu’enfin Depuis, à l’amour des belles, J’ai mêlé le goût du vin.

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