‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 207 sur 340 · I.A FOKCE · texte numérisé non relu

I.A FOKCE

Am ilu vaiicloville ilc; Tiicoiiiicl.

Combien le l'eu tient douce compagnie

Au prisonnier, dans les longs soirs d'hiver I

Seul avec moi se cliaufTe un bon génie,

Qui parle haut, rime ou chante un vieux air. [Bis.

Il me fait voir, sur la braise animée.

Des bois, des mers, nu monde eu peu d'instants. [Bis.]

Tout mon ennui s'envole à la fumée.

0 bon génie, amusez-moi longtemps.

Bif.

CHANSONS DE BERANGER

Jeune, il me fit rêver, pleurer, sourire; Vieux, il me berce avec mes premiers jeux'. Du doigt, dans l'àtre, il signale un navire : Je vois trois mâts sur des flots orageux. Le vaisseau vogue, et bientôt l'équipage Sous un beau ciel saluera le printemps. Moi seul je reste enchaîné sur la plage. 0 bon génie, amusez-moi longtemps.

D'un canton suisse, ah ! voilà bien l'image : Glaciers, torrents, vallons, lacs et troupeaux. J'aurais dû fuir quand j'ai prévu l'orage; La liberté, là, m'ofl'rait le repos.

Je franchirais ces monts à crête immense. Où je crois voir nos vieux drapeaux flottants. Mon cœur n'a pu s'arracher à la France. 0 bon génie, amusez-moi longtemps.

Ici, que vois-je? est-ce un aigle qui vole Et du soleil mesure la hauteur?

C'est un ballon : voici la banderole, Et la nacelle et le navigateur.

L'audacieux, si la pitié l'inspire, Doit de ces murs plaindre les habitants. Libre là-haut, quel air pur il respire! 0 bon génie, amusez-moi longtemps.

Dans mon désert encor quelque mirage !

Génie, allons sur ces coteaux boisés.

En vain tout bas on me dit : Deviens sage; Plie un genou, tes fers seront brisés.

Vous qui, bravant le geôlier qui nous guette, Me rendez jeune à près de cinquante ans. Sur ce brasier, vite, un coup de baguette. 0 bon génie, amusez-moi longtemps.

COUPLET

AiH : Trouvercz-voii? iiii itarlcmcot?

Notre siècle, penseur brutal.

Contre Delille s'évertue.

Tel vécut sur un piédestal

Qui n'aura jamais de statue.

Artiste, poOte, savant, A la gloire en vain on s'attache :

C'est un linceul que trop souvent La postérité nous arrache.

CHANSONS DE BKRAXGER

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