‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 208 sur 340 · MES JOURS GRAS DE · texte numérisé non relu

MES JOURS GRAS DE

Am : Dis-moi donc , mon p'iit Hippolvle.

Mon bon roi, Dieu vous tienne en joie ! Bien qu'en butte à votre courroux, Je passe cncor, grâce à Bridoic, (') Un carnaval sous les verrous.

Ici fallait-il que je vinsse Perdre des jours vraiment sacrés !

J'ai de la rancune de prince :

Mon bon roi, vous nie le paierez.

Dans votre beau discours du trône, (-)

Méchant , vous m'avez désigné.

C'est me recommander au prône :

Aussi me suis-je résigné.

Mais, triste et seul, quand j'entends rire

Tout Paris en joyeux émoi.

Je reprends goût à la satire :

Vous me le paierez, mon bon roi.

Voyez, verre en main, bouche pleine, Fous déguisés de vingt façons.

Mes amis m'oublier sans peine , Tout en répétant mes chansons.

Avec eux, ma verve en démence Eût perdu ses traits acérés.

J'aurais pu boire à la clémence :

Mon bon roi, vous me le paierez.

Vous connaissez Lise la folle.

Qui sur mes fers pleure d'ennui ; Ce soir môme un bal la console :

« Bah! dit-elle, tant pis pour lui! »

J'allais, pour complaire à la belle, Nous peindre heureux sous voire loi ; Serviteur! Lise est infidèle :

^'ous me le paierez, mon bon roi.

Dans mon vieux carquois où font brèche Les coups de vos juges maudits, Il me reste encore une flèche ; J'écris dessus : Pour Charles dix.

Iilalgré ce mur qui me désole.

Malgré ces barreaux si serrés , L'arc est tendu, la flèche vole :

Mon bon roi, vous me le paierez.

(') J'ai passé i Sainte-Pélagie le caiiiaval de 18-22.

(•) II y avait dans In discoius du tronc de cette année une pln'ase où tont le monde a cm vjir «ne application i l'afTaire qui m'a été faile. Oiirl lionnenrl

or) )

CHANSON?: DE BKRANGER

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