LEÇON UE LECTURE
Air:
AU priiitcuips , sous le feuillugo, Le maître d'école assis Fait aux eiifauts du village Courtes leçous et lougs récits.
Vieux balafré de l'empire ,
De la voix les corrigeuul,
Il dit : — M'eùt-ou lait sergent
Si je u'avais pas su bleu lire?
A, B, C, D, poiut de cris, poiut de pleurs; )
I Dm.
Enfauts, lisez, et vous aurez des Heurs. )
CHANSONS DE BERANOER
Oui, ces fleurs que je cultive Sont les prix qu'on obtiendra.
Pour les savants je m'en prive.
En avant ! A qui mieux lira ! Bon vouloir ne peut suffire.
Sachez que l'homme de bien, Seul, en vaut deux s'il lit bien.
En vaut trois s'il sait bien écrire.
A, B, C, D, point de cris, point de pleurs;
Enfants, lisez, et vous aurez des fleurs.
Venant à moi , le vieux maître
Me dit : d Voici le héros
i Qu'ici chacun veut connaître , o Le capitaine des brûlots.
i II a vengé sa patrie,
« Brisé l'orgueil du sullau,
o: Brûlé vif un capilan "■ Et fait trembler Alexandrie. " A, B, C, D, point de cris, point de pleurs; Enfants, lisez, et vous aurez des fleurs.
Moutard, u'as-tu pas de honte
De prendre un n pour un u '!
A propos, que je vous conte Un fait chez nous trop peu connu.
Après nos jours de détresse,
Voulant, le sabre au côté,
Rapprendre la liberté, J'ai combattu cinq ans en Grèce.
A, B, C, D, point de cris, point de pleurs; Enfants, lisez, et vous aurez des fleurs.
e Oui, c'est Canaris lui-même,
1 Canaris, notre fierté.
I II n'eut avec le baptême a Qu'ignorance et que pauvreté.
0 S'il s'assied, plein de sagesse,
c Au banc des petits garçons ;
« S'il est humble à mes leçons, et C'est encor pour servir la Grèce. » (') A, B, C, D, point de cris, point de pleurs; Enfants, lisez, et vous aurez des fleurs.
Près de quitter les Hellènes,
De toutes parts triomphants.
Un jour, sur le port d'Athènes, J'entre à l'école des enfants.
Le maître alors faisait lire
Un marin d'âge avancé.
Le voyant à l'Abc, Comme un Français, moi, j'allais rire.
A, B, C, D, point de cris, point de pleurs; Enfants, lisez, et vous aurez des Heurs.
De l'écolier que j'admire
Alors je presse la main.
Canaris jusqu'au navire Me conduisit le lendemain.
Et me dit sur le rivage
Ce beau mot que j'ai noté :
Le savoir, c'est liberté ; L'ignorance, c'est esclavage.
A , B , C , D , point de cris, point de pleurs ; Enfants, lisez, et vous aurez des fleurs.
C) J'ai lu, je ne sais plus où, qu'un voyageur vit sortir Canaris d'une école, avec les petits Grecs qui In fréfincntRi':n'. Couinn; uux il portait ses livres sous son bias. Ce héros apprenait à lire et n'eu avait pas honte. Heureux les paj ■ oi\ on !iirouyit pas do bien faire ! L'intrépide marin, parti de si bas, est devenu niinislrc depuis. Que Dieu veill'' sur le carne liTelny' et modeste de ce grand ci''i;en;
CHANSONS DE DERANGER
LES DÉFAUTS
Air, : Faut cl' la vcrlii , pas Irop n'en niut.
L'iiûiiuiic, à soixante ans, calme et grave,
Au coin de son feu devient roi.
Mais, jeune, il vaut mieux, selon moi.
Sous le plaisir vivre eu esclave.
Vous qui sur nous veillez d'en haut,
Rendez-moi quelque bon défont.
Bis.
Je verrais danser vingt grisetio?
Sans penser à rien tout un soir; Sans même essuyer, pour mieux voir.
Les vieux verres de mes lunettes.
Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.
Oui, si j'ai subi l'exigence De mes défauts, tyrans nombreux, Je leur dus bien des jours heureux, Doux larcins faits à l'indigence.
Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.
J'ai trop égayé la satire ;
Ce tort, je dois le réparer.
Mais sur ce monde il faut pleurer
Sitôt qu'on n'ose plus en rire.
Vous qui sur nous veillez d'en haut,
Rendez-moi quelque bon défaut.
Dans les jours d'aimables féeries On monte au ciel des deux côtés.
Nous poussons à bout nos gaietés, A bout nos tendres rêveries.
Vous qui sur nous veillez d'eu haut, Rendez-moi quelque bon défaut.
Perfide erreur de ma jeunesse, Que, bras ouverts, couronne en main, La Gloire m'accoste en chemin.
Je lui dirai : Passez, drôlesse!
Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.
Aujourd'hui ma santé me touche.
A table veut-on me fêter.
L'aï ne me fait plus chanter.
Et je lui fais petite bouche.
Vous qui sur nous veillez d'en haut ,
Rendez-moi quelque bon défaut.
Hélas! mes vertus me désolent; Mais l'âge, qui les fait fleurir, M'ôte la force de courir Après mes défauts qui s'envolent.
Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.
CHANSONS DE BERANGRR