‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 34 sur 340 · LE CÉLIBATAIRE · texte numérisé non relu

LE CÉLIBATAIRE

CllANSUN DE .NOCE CHANTEE A G MAIUAGE DE MuN AMI B. WlLllEM

Aiu : Eli ! le cœur à la danSi

Du célibat fidèle appui ,

Je vois avec colère L'Amour essuyer aujourd'hui

Les larmes de son frère.

Grâces, talents et vertus, Ont droit à mille tributs.

Mais un célibataire Ne peut chanter des nœuds si dou.\ :

On n'aura rien ii iaire

Chez de pareils époux.

Morbleu! qui n'aurait de l'humeur

lui pensant (juc madame De monsieur i'era le bonheur,

Bien qu'elle soit sa femme?

Jours de paix et nuits d'amuur; Le diable y perdra son tour.

Non, tout célibataire Ne peut chanter des nunids ti doux :

On n'aura rien à faire

Chez de pareils époux.

Monsieur prend femme, c'est fort bien;

Il la prend jeune et belle ; Mais, comptant ses amis pour rien,

Monsieur la prend fidèle.

Il faudra dans cinquante ans Célébrer leurs feux constants.

Non, tout célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux :

(lu n'aura rien à faire

Chez di> pareils époux.

Encor si l'Amour avait pris

Une dime en cachette !

Mais le plus heureux des maris.

En (juittant sa couchette.

Demain se pavanera, Et les mains se frottera...

Non , tout célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux

On n'aura rien à faire

Chez de pareils épfiux.

CHANSONS DE BERANGER

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