‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 98 sur 340 · LES CHANTRES DE PAROISSE · texte numérisé non relu

LES CHANTRES DE PAROISSE

IJL' LE CUiNCUUDAT DE I8l7

UHANâUN A UUIUL

Aiu du Uasliiiiijin,'.

Gloria l'ihi , Domine !

Que tout chantre Boive à plein ventre ; Gloria tibi, Domine!

Le Concordat nous est donné.

Buvons, nous, chantres de paroisse, A qui nous tire enfin d'angoisse.

D'abord, pour ne rien oublier, Remoutons à François premier. (')

Des deux ciels de notre bun pupe, L'une du ciel ouvre la trappe ; Et l'autre aux griffes du légat Ouvre les coffres de l'Etat.

Gloria tibi , Domine !

Que tout chantre Boive à plein ventre ; Gloria tibi , Domine l Le Concordat nous est donne.

Gloria tibi, Domine !

Que tout chantre Boive à plein ventre ; Gloria tibi , Domine !

Le Concordat nous est donné.

A Gonsalvi buvons un verre ; Il a deux fois fait même affaire ; Mais cette fois, de droit divin, L'Église y gagne un pot-de-vin. (-)

Gloria tibi, Domine !

Que tout chantre Boive à plein ventre ; Gloria libi , Domine ! Le Concordat nous est donné;

Si de nos coqs la voix alticrc [^] Troubla l'héritier de saint Pierre, Grâce aux annates (*), aujourd'hui Nos poules vont pondre pour lui.

tjloria tibi. Domine !

Que tout chantre Boive à plein ventre ; GInria tibi , Domine !

Le Concordat nous est donné.

Rendons Avignon au saint-père : ('] Il le veut; et c'est là, j'espère.

Prouver aux Français dépouillés Qu'il est un de nos alliés.

(') Lo pieniior article du Concordat de 1817 remet en \iguoiir celui de François I" et de Léon X.

(*) Ce Concordat et celui de 1801 sont l'ouvrage du cardinal Hercule Gonsalvi.

(') Le coq des drapeaux de la républiiine française.

(') Les annates, redevances p.iyécs au saint-siégc, par suite du Concordat de François 1".

(') Le pape réclame encore Avignon dans la bulle de circonscription des diocèses.

CIlAiNSOKS DE BERANGER

(jluiia libi , Domine!

Que tout chaiitrti Boive à plein ventre ; Gloria libi , Domine !

Le Concordat nous est donné.

Qu'importe qu'à Rome on détruise Les libertés de notre Eglise? (') Nous devons à nos députés Déjà tant d'autres libertés !

('•loiia libi , Domine !

Que tout chantre Boive à plein ventre ; Gloria libi, Domine !

Le Concordat nous est donné.

Moines et prieurs vont revivre. ('; Il faut qu'avant peu le grand-livre, Servant à nos pieux desseins, Soit mis au rang des livres saints.

, Gloria libi , Domine !

Que tout chantre Boive à plein ventre ; Gloria tibi. Domine !

Le Concordat nous est donné.

Dans chaque ville, un séminaire (') Désormais sera nécessaire ; C'est un hi'ipital érigé Aux enfants trouvés du clergé.

Gloiia libi, Domine !

Que tout chantre Boive à plein ventre ;

Gloria libi , Domine !

Le Concordat nous est donné.

Pour les protestants, qu'on tolère, (*) Au ciel nous craignons de déplaire ; Mais qu'il nous passe encor longtemps Nos Suisses, qui sont protestants.

Gloria libi , Domine !

Que tout chantre Boive à plein ventre; Gloria libi , Domine !

Le Concordat nous est donné.

Chantres, pour nous combien d'offices!

Nous n'irons plus dans les coulisses Brailler en chœur à l'Opéra ; \'j Et l'Église nous suffira.

Gloria libi , Domine !

Que tout chantre Boive à {ilein ventre;

Glorin libi , Domine !

Le Concordat nous est donné.

Oui, chantres, c'est à nous de boire : Ce Concordat fait notre gloire, Car le bon temps revient grand train Où les rois chantaient au lutrin.

Gloria libi, Domine!

Que tout chantre Boive à plein \ entre ; Gloria libi , Domine !

Le Concordat nous est donné.

(') Les libertés de l'Église gallicane, coniproniiscs par le Conc onlat do F]'ançoi< I", ce qui lompcclia d'tHre enregistré par plusieurs parlements.

(*) Une des bulles de Pic VII contient ces expressions : ii Nous dotons en biens-fonds et en rentes sur l'Étal les arclievfques •( et évCqucs 1), etc.

(') Le pape i-econimandc l'érection de nouveaux bén)inaircs.

(') Lisez la déclaraiion adressée au saint-siéye par M. do DIacas, \v 15 juillrl 1817.

('; On asiure que plusieurs chantres de paroisse font partie des clucurs de nos théâtres.

CllAJNî-ONS DE BE:<AiNGliK

LE BUiN VlKlLLAliD

Am : r.iinlralons-niiiH il'iini' simiilr Iniiili'illi».

Joyeux onl'iiiils, vdus ([Ui' PiiKclius rafscinlilf, Par vos cli;iiis()ns vous m'attirez iri. Je suis bien vieux, ni lis en vain ma \ nix In'iiiiil! Acourillrz-mui , j'.iimc à i hanli'i' aii.-.-i.

r>u temps passé j'apporte dos nouvelles; J'ai lui jadis avee le lion raiianl.

Ami> ilu MU, lie i.i j;loiro cl des lielles, Dai-'utii ïouriri' aux iliaiisoiis d'un vieillard

is-,'

CHANSUiSS DE LiÈRANciER

De nie leter, hé quoi 1 chacun s'empresse ! A ma sauté coule un vin généreux.

Ce doux accueil enhardit ma vieillesse : Je crains toujours d'attrister les heureux. Que les plaisirs vous couvrent de leurs ailes : Avec le temps vous compterez plus tard. Amis du vin, de la gloire et des belles, Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.

Ainsi que vous j'ai vécu de caresses ; Vos grand'mamans diraient si je leur plus. •J'eus des châteaux, des amis, des maîtresses; Amis , châteaux , maîtresses , ne sont plus. Les souvenirs me sont restés fidèles :

Aussi parfois je soupire à l'écart.

Amis du vin, de la gloire et des belles, Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.

Dans nos discords j'ai fait plus d'un naufrage. Sans fuir jamais la France et son doux ciel. Au peu de vin que m'a laissé l'orage. L'orgueil blessé ne mêle point de fiel.

J'ai chanté même aux vendanges nouvelles, Sur des coteaux dont j'eus longtemps ma pari. Amis du vin, de la gloire et des belles. Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.

Vieux compagnon des guerriers d'un autre âge, Comme Nestor je ne vous parle pas.

De tous les jours où brilla mon courage J'achèterais un jour de vos combats.

Je l'avouerai, vos palmes immortelles M'ont rendu cher un nouvel étendard.

Amis du vin, de la gloire et des belles , Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.

Sur vos vertus quel avenir se fonde !

Enfants, buvons à mes derniers amours.

La liberté va rajeunir le monde ; Sur mou tombeau brilleront d'heureux jours. D'un beau printemps, aimables hirondelles. J'ai pour vous voir différé mou départ. Amis du vin, de la gloire et des belles. Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.

CHANSONS DK l'.l'lRANGER

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