‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 99 sur 340 · LE PRINCE DE NAYARRE · texte numérisé non relu

LE PRINCE DE NAYARRE

MATiirniN niir.M-, Al- (')

Ain (lu kilk'l des Piorruls.

Quni ! tu veux n'^gncr sur la Franr.f ! Es-tu fou, pauvre Matliuria?

N'échange point ton indigence Contre tout l'or d'un souverain.

Sur un trône l'ennui se carre, Fier d'être encensé par des sots.

Croyez-moi, prince de Navarre, Prince, faites-nous des sabots.

Des leçons que le malheur donne Tu n'as donc point tiré de fruit ?

Réclamerais-tu la couronne, Si le malheur t'avait instruit?

Cette ambition n'est point rare , Même ailleurs que chez les héros.

Croyez-moi, prince de Navarre, Prince, faites-nous des sabots.

Dans le rang que toi-même espères, Trompés par des flatteurs ciVlins, Que de rois se disent les pères D'enfants qui se croient orphelins!

Régner, c'est n'être point avare

De lois, de rubans, de grands mots.

Croyez-moi, prince de Navarre, Prince, faites-nous des sabots.

Quand tu combattrais avec gloire.

Sache que plus d'un conquérant Se voit arracher la victoire Par un général ignorant.

Un Anglais, aidé d'un Tartare, Foule aux pieds de nobles drapeaux.

Croyez-moi , prince de Navarre , Prince, faites-nous des sabots.

Combien d'agents illégitimes

Servent la légitimité !

'l'rop tard sur les malheurs de Nîmes

On éclairerait ta bonté.

Le roi qu'au pont Neuf on répare [-)

Parle en vain pour les huguenots.

Croyez-moi, prince de Navarre,

Prince, fnites-nous dos sabots.

De tes maux (jui'l serait le terme,

i'') Tout 11' mniide so i'a])pfllo (|ne Malliuiiii Bi'iinoau, rrccinnu poin- riro liK d'un salwiior, aflVct.iit do se ilnnnor !■> tiirc do j)i incc lie Xurane.

(') On s'oci'iipnit alors do rolovor la sialiiu do llomi IV.

CHANSONS DE BERANGER

Si quelques alliés sans fui Prétendaient que tu tiens à ferme Le trône que tu dis à toi ?

De jour en jour leur ligue avare Augmenterait le prix des baux.

Croyez-moi , prince de Navarre , Prince, faites-nous des sabots.

Enfin pourrais-tu sans scrupule, Graissant la patte au Saint-Esprit, Faire un concordat ridicule Avec ton père en ,Iésus-Ciiri>t ?

Pour lui redorer sa tiare

Tu nous surchargerais d'impnis.

Croyez-moi, prince de Navarre, Prince, faites-nous des sabots.

D'ailleurs, ton métier nous arrange Nos amis nous ont fait capot.

C'est pour que l'étranger la mange Que nous mettons la poule au pot.

De nos souliers même on s'empare Après avoir pris nos manteaux. Croyez-moi, prince de Navarre, Prince, faiti'?-nous des sabots.

CIIANrïONS I>E P-KRANGEH

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LKS (UNOlîANTK Ki^TS

\în : ^T.M'Iin rsl itn fort Imii piirron.

Gnke à Dieu, jo suis lirritirr!

Lo iiK'tior T)o rontii^r Me sied et in'eiichnnte.

'l'rav;iillcr serait \in nlni? :

.l'ai cinquante tVus.

.l'ai cinquante éciii:.

J'ai cinquante (Vmi? de rentp.

CHANSONS DE BKKANGER

Me? amis, la torrc est à moi. J'ai de quoi Vivre en roi Si l'éclat me tente.

Los honneurs me sont dévolus :

J'ai cinquante écu^, J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus de rente.

Parez-vous, Lise, me? amours.

Des atours Que toujours La richesse invente.

I;e clinquant ne vous convient plus J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus de rente, '

Po\ir user des droits d'un rirhan Sans retard , Sur un char De forme élégante , Fuyons mes créanciers confus :

J'ai cinquante écus.

J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus de rente,

Pour mes hôtes vous que je prends.

Amis francs , Vieux parents, Sœur jeune et fringante , Soyez logés, nourris, vêtus ; J'ai cinquante écus , J'ai cinquante écus.

J'ai cinquante écus de rente.

Adieu, Surène et ses cotea\i\!

Le bordeaux, Le mursaulx, L'aï que l'on chante, Vont donc enfin m'ètre connus J'ai cinquante écus, J'ai cinquante écus.

J'ai cinquante écus de rente.

Amis, bons vins, loisirs, amours.

Pour huit jours Des plus courts Comblez mon attente; Le fonds suivra les revenus ; J'ai cinquante écus.

J'ai cinquante écus.

J'ai ciniiuante écus de rente.

CHANSONS 1>K UERANGEU

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